NON MERCI…

Trierweiler

L’incroyable succès de vente du livre de Valérie Trierweiler, "Merci pour ce moment", laisse perplexe. Pouvait-il y avoir dans ce livre autre chose que les ragots people et la rancœur étalée d’une femme blessée ? La sortie opportune du livre ne permettait pas d’espérer y trouver du recul ou de la hauteur de vue. Après tout, une ancienne journaliste politique pouvait, au-delà de ses déboires sentimentaux, donner sa vision de l’envers du décor, de son rôle dans l’ombre du premier personnage de l’État. Pour en avoir le cœur net, je me suis donc imposé la lecture du brûlot de la dame.

Disons le tout de suite la lecture est fastidieuse tant le propos est répétitif. Hollande est un menteur, elle est amoureuse et malheureuse, elle avale des cachets, on la prend pour ce qu’elle n’est pas, elle est malheureuse, elle avale des cachets etc. Pour rompre la monotonie de cette répétition sans fin, elle la ponctue de flashbacks sur leur rencontre avant la présidentielle et tente toutes les dix pages de trouver une formule ("J’étais raide dingue de lui. Avec le temps, je devenais dingue et raide."), mais on se doute que le but de l’ouvrage n’était pas de devenir un monument de littérature.

Hollande n’a pas le beau rôle, on s’en doute, mais au point où en est sa cote de popularité, un peu plus, un peu moins cela peut nous laisser de marbre. Ce qui retient notre attention c’est son plaidoyer pro domo qui se révèle contre-productif. Elle essaye à travers son récit de changer l’image que l’on donne d’elle dans les médias. La démonstration est tellement pathétique qu’elle achève l’empathie que l’on pouvait avoir pour le personnage. On était prêt à la suivre sur la cruauté des médias, sur le poison des rumeurs qu’elle a eu à subir. Elle ne fait que dévoiler un personnage caractériel qui se défend de l’être, une enflure d’ego qui la pousse à toutes les gamineries pour éliminer ou narguer Ségolène Royal, à se pousser du coude pour jouer les premières dames (sans guillemets dans le texte). A passer son temps à avaler des cachets par poignées, à s’enfermer dans la salle de bains, à tomber dans les pommes et à s’offusquer quand Hollande ne rentre pas dans le jeu (quoi, il n’appelle pas le médecin ou les urgences ?). Autour d’elle tout le monde ment, Hollande bien sûr, les politiques, les journalistes, les officiers de sécurité (les "porteurs de croissants")… On croit qu’elle est une bourgeoise alors qu’elle est une pauvresse de la ZUP d’Angers avec son père qui a une jambe de bois, sa mère qui se saigne aux quatre veines et sa famille que Hollande trouve "pas jojo". Tandis que Gayet cette "actrice" pète dans la soie avec sa famille de bobos qui vivent dans les châteaux. Allez hop ! Elle reprend des cachets, maudit tout le monde, tapisse une pièce avec plein de photos de son ex-mari pour énerver Hollande, jure qu’elle n’est pas hystérique et reprend son récit…

Pour bien nous faire comprendre qu’elle n’est pas froide et hautaine et qu’elle est de gauche, elle nous narre ses bonnes œuvres de "première dame". Incapable de faire dans la retenue, elle nous délivre de longues tartines d’enfants condamnés par la maladie, de fillettes violées, de tessons de verre dans le vagin et autres détails scabreux dont l’énumération est sans doute censée nous tirer des larmes devant les belles actions de cette sainte femme qui n’hésite pas à faire des cartons à genoux dans les couloirs de l’Elysée. La démonstration est outrancière, elle en fait des tonnes, on croirait lire Paris-Match en attendant son tour chez le dentiste.

Elle estime, avec raison, qu’elle n’a jamais été "légitime" en tant que compagne du chef de l’État, que l’opinion l’a toujours vue comme une maîtresse voire une arriviste. Et au moment où elle fréquentait Michèle Obama, Hillary Clinton et d’autres, la voilà trompée et répudiée. Son égo qui n’est pas mince en prend un coup. Alors elle décide qu’après elle ce sera le déluge. Ce qui nous vaut cette prose de midinette pathétique. Espérons qu’elle ne nous gratifiera pas d’un deuxième opus…

Publié dans : Divers, Politique, Société | le 13 septembre, 2014 |2 Commentaires »

PHILHARMONIE DE PARIS

Philharmonie

A chaque grand projet architectural nous avons droit à une polémique, sur son utilité, son coût ou son apparence. En leur temps l’Opéra Bastille ou la Pyramide du Louvre avaient agité les commentateurs de commentaires. Aujourd’hui c’est la Philharmonie de Paris qui est dans l’œil du cyclone.

L’idée de la création d’une salle symphonique sur le site du parc de la Villette remonte à loin. Envisagée du temps de Chirac et Jospin, le projet est officiellement lancé en 2006 du temps de Dominique de Villepin et Renaud Donnedieu de Vabres en tant que ministre de la Culture. Il n’est pas inutile de le rappeler puisque certains voudraient en faire un problème droite/gauche ce qui est peu pertinent. Dès l’origine la question s’est posée de l’utilité de créer une nouvelle salle de concerts dans une capitale déjà pourvue ou de dépenser autant d’argent alors qu’il y a d’autres priorités. Laissons de côté cette dernière critique : la culture semble n’être jamais une priorité, avec d’autres parents pauvres (la recherche fondamentale par exemple) elle semble toujours trop couteuse. Et lorsqu’il s’agit de musique classique, le cliché d’une culture réservée à une élite n’est jamais bien loin. Mais moins on fait pour la populariser, plus elle est condamnée à rester dans son pré carré… Quant à savoir si une nouvelle salle de 2400 places arrivera à faire le plein sans phagocyter les saisons des autres établissements, "on a prévu trop grand" s’exclament certaines pythies qui évaluent au doigt mouillé. Peut-être, peut-être pas. Le pari est ambitieux mais c’est ce qui fait son intérêt : Paris n’avait pas de Philharmonie contrairement à bien d’autres capitales européennes.

La Philharmonie de Paris offrira cinq salle de répétition qui manquaient à la capitale, bien des ensemble ayant recours au système D. Il y aura deux résidents (l’Orchestre de Paris et l’Ensemble Intercontemporain) ainsi que 3 formations associées dont les Arts Florissants de William Christie qui trouve ainsi, sur le tard, un point d’ancrage pour sa formation sans domicile fixe. La vaste salle à l’acoustique de haute qualité et dont l’éloignement maximal d’un spectateur au chef d’orchestre ne dépasse pas les 32 mètres, offre une première saison 2015 intéressante à l’éventail tarifaire accessible. Mais la mariée est-elle trop belle pour ne pas cacher ses défauts ?

L’ensemble Cité de la Musique, Philharmonie, Pleyel doit assurer la cohérence de sa programmation. La musique classique quitte la salle Pleyel pour aller Porte de Pantin. Voilà une logique qui heurte certains et une pétition est lancée pour que Pleyel conserve une programmation classique. Les arguments sont réactionnaires au sens strict : c’était comme ça avant donc ça doit rester immuable. Cela donne de mémorables poulets comme cet édito de Sylvain Fort de ForumOpera.com qui y voit une décision d’un "obscur fonctionnaire" (sic) symptôme d’un "réflexe de dictature d’État" (re-sic). La démesure des propos est à l’échelle de celle du bâtiment… Certains, sans aucun second degré, se voient mal quitter la rue du Faubourg Saint Honoré pour errer dans les limbes infernales du XIXème arrondissement. Craignant d’être obligés de manger des merguez-frites au sortir d’un concert dans un lieu si éloigné de leur douillette résidence. Comme personnellement j’habite au voisinage de la Philharmonie, ces plaintes me laisse de marbre. Et l’envie de voir un concert ne m’a jamais dissuadé d’aller en expédition jusqu’à l’Opéra Royal de Versailles pour rentrer nuitamment en transports en commun, fourbu et affamé…

Ah, il y a la dérive financière… Le coût a triplé depuis le début pour atteindre aux dernières nouvelles 381 millions d’euros. Durant l’été, la Marie de Paris co-financeur du projet a eu une poussée d’urticaire et Anne Hidalgo a menacé de ne pas payer les surcoûts, menace
toujours pendante, les négociations dans la dernière ligne droite du projet promettent du sang et des larmes. La construction s’est déjà arrêtée une année en 2010 suite à une divergence sur le financement de l’État. Le retard pris dans l’avancement du projet a décalé l’ouverture à mi-janvier 2015 au lieu de 2013 puis fin 2014… Le bras de fer actuel pourrait-il compromettre la date d’ouverture de la salle ? Moi qui suis un aventurier téméraire, j’ai acheté un billet pour le 16 janvier. En priant pour que les plâtres soient secs… Si la municipalité parisienne est légitime dans sa volonté de stopper les surcoûts, on peut s’interroger sur ses arrière-pensées concernant le paritarisme du financement avec l’État (mais la nouvelle ministre de la Culture est une fleur à épines) et on peut craindre ses demandes concernant le modèle économique du budget de fonctionnement si cela inclut de se mêler de la répartition des offres musicales déjà définies. La Ville semble profiter de l’argument de la gabegie financière pour pousser d’autres pions, mais Bruno Julliard, premier adjoint chargé de la culture devrait se méfier : le billard à trois bandes est un exercice difficile qui peut se retourner contre celui qui y joue.

Du coup chacun y est allé de son couplet. L’architecte Jean Nouvel a été montré du doigt, coutumier de certaines extravagances dans le "toujours-plus" (ou dans le perfectionnisme selon la façon dont veut voir les choses), le voilà qui veut changer certains matériaux ou d’autres fauteuils plus respectueux de l’acoustique. Nouvel se défend comme un diable, on le "traîne dans la boue", on l’a écarté de certaines prises de décisions et le projet qui a déjà pris du retard va être fini dans l’urgence au détriment de la qualité, menaçant de finir en ruines et rouille d’ici peu. Quant aux autres prestataires, l’ambiance n’est pas à la franche camaraderie. En fait il n’est pas étonnant qu’un projet de cette envergure ne se déroule pas comme un long fleuve tranquille. La dérive des coûts pesant sur les contribuables que nous sommes, il était nécessaire de taper du poing sur la table et de serrer quelques boulons. La recherche des responsabilités, nécessairement multiples, a permis d’alimenter les gazettes estivales. Le Point qui en avait sans doute fini avec son éternel marronnier sur le pouvoir occulte des francs-maçons, a trouvé un angle d’attaque innovant : la Mairie de Paris est coupable de ne verser qu’une subvention et d’avoir laissé la Philharmonie s’endetter alors que si elle avait prêté de l’argent elle-même les taux d’intérêt auraient été plus faibles. On ne sait pas trop pourquoi un co-financeur serait obligé de jouer à la banque, mais ça permet de taper sur la municipalité sans se fatiguer le cerveau.

Pour l’instant Laurent Bayle directeur général de la Cité de la Musique et Président de la Philharmonie doit sans doute passer des nuits blanches et compter ses amis.

Gageons pourtant que comme d’autres réalisations d’importance, la clameur entretenue autour de la naissance difficile de la Philharmonie de Paris s’étouffera rapidement.

Publié dans : Musique | le 6 septembre, 2014 |3 Commentaires »

UN JOUR JE SAURAI FAIRE DES FRITES

Blanc de boeuf

Les choses simples en cuisine ne le sont pas. Prenez la mayonnaise et les frites : a priori rien de bien compliqué. Et pourtant, je désespère de les réussir. Pour la mayonnaise, j’ai lentement progressé au fil des années. J’applique fidèlement les canons sacrés de la science culinaire : œufs extra-frais, ingrédients à température, y aller sans précipitation. Je fouette, j’émulsionne mais si j’arrive à un résultat acceptable mais jamais parfait et suffisamment ferme. Et comme une mayonnaise "maison" est sans commune mesure avec celle de l’industrie agroalimentaire, je persévère dans ma quête.

Pour les frites, même désespérance : j’ai beau essayer de différentes façons, respecter les deux bains à des températures différentes, elles restent mollassonnes. Du coup j’en reste aux frites surgelées. Elles ont un double avantage : elles ne sont pas mauvaises et elles dispensent de la corvée d’épluchage et de découpage, c’est peu de chose mais quand on rentre d’une journée de travail la fainéantise est tolérée. Elles ont inconvénient, elles sont trop fines. Le goût américain s’est imposé en matière de french fries. Evidemment je ne parle même pas des allumettes qui sont plus fines que fines. Sans nécessairement vouloir des pommes Pont Neuf, la frite doit être de belle taille pour permettre de distinguer le croquant de l’enveloppe extérieure et le moelleux de l’intérieur. Hélas, inapte à la cuisson des frites, j’avais abandonné mon apprentissage.

Jusqu’à cet été où me trouvant à Marseille, j’allais visiter une curiosité locale : une friterie belge a en effet ouvert dans la cité phocéenne (Voir la page Facebook de la friterie Werner). Je dégustais ainsi de belles grosses frites servies en cornet. Des pommes de terre frites dans la graisse de bœuf et étonnamment peu grasses. Je décidais alors de me remettre à l’ouvrage une fois rentré à Paris. Et d’opter pour la graisse de bœuf.

Mais si vous n’habitez pas le nord de la France, impossible de mettre la main sur de la graisse de bœuf. La principale marque (Blanc de Bœuf) propose bien de secourir les non-belges en leur permettant de commander par internet mais je trouvais que cette solution malséante et ne convenant qu’aux situations d’extrême urgence pour désespérés. Heureusement, la divine providence intercéda en ma faveur : j’étais appelé à une réunion à Anvers cette semaine.

Alors que les touristes ordinaires admiraient l’architecture flamande et se ruaient pour acheter des pralines, je dédaignais les sculptures et les bords de l’Escaut pour me ruer dans un vulgaire supermarché acquérir la précieuse graisse. Bon j’exagère un peu, j’ai quand même découvert cette ville où je venais pour la première fois. J’ai découvert la légende qui m’étais inconnue du géant Antigone (Druoon Antigoon) qui coupait la main des marins qui refusaient de s’acquitter d’un droit de passage et du centurion romain Silvius Brabo qui tua le géant, lui coupa la main et la jeta dans l’Escaut ; légende qui a donné son nom à la ville (Antwerpen = Hant + Werpen = main + jeter).

Bref, ayant acquis la précieuse graisse pour une somme modique, je n’ai pas demandé mon reste et je suis rentré à Paris. Promis, dès demain je m’atèle à la tâche. Et vous verrez, un jour, moi aussi, je saurai faire des frites.

Publié dans : Divers | le 3 septembre, 2014 |2 Commentaires »

CÉZEMBRE

Cézembre
L’île de Cézembre vue de Saint-Malo.

Une dépêche AFP nous apprend qu’une opération de déminage et dépollution sur l’île de Cézembre (si elle était menée) pourrait permettre d’y créer un sentier d’accès à certaines parties nord et ouest de l’île actuellement interdites d’accès. Cette dépêche AFP a été reprise telle quelle par plusieurs médias accompagnée de la même photo de la plage de Cézembre obligeamment fournie par l’agence. Sur certains sujets, les journaux ne chargent plus de journalistes pour éclairer leur lectorat, la reprise in extenso des dépêches AFP leur suffit. C’est agaçant, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai un jour, revenons à notre caillou…

Saint-Malo et Marseille partagent le fait d’avoir une extension insulaire. Mais si l’archipel du Frioul en face de la citée phocéenne est toujours marqué par la présence de blockhaus et de débris métalliques allemands de la seconde guerre mondiale, c’est un ensemble touristique ouvert aux promeneurs. Cézembre est dix fois plus petite et semble concentrer sur son relief tourmenté dix fois plus de bâti militaire : la vue aérienne de l’île est significative (voir ici). Mais surtout le déluge de bombes, plusieurs milliers de tonnes, a rendu les opérations de déminage compliquées et le sol reste sans doute encore truffé d’explosifs. Enfin, l’île a reçu une pluie de Napalm qui pollue toujours le site même si la végétation a repris ses droits.

Il ne reste donc que la plage et ses abords qui soient accessibles au public, et bien sûr son unique restaurant. Soit seulement un dixième de l’île libre d’accès.

La création d’un sentier de 3 km permettant d’accéder à certaines parties parties de l’île et profiter du panorama superbe de la baie vers le Cap Fréhel serait donc une divine surprise. Mais quand ? Pour l’instant il n’y a que l’idée qui germe. Vivement que cette initiative se réalise !

Publié dans : Bretagne | le 30 août, 2014 |1 Commentaire »

REMANIEMENT

elysée
L’actualité politique du moment s’est emballée avec le remaniement ministériel, avant (qui va en être ?), pendant (qui c’est celui-là ?) et après (qu’est-ce qu’il a dit ?). Pour ma part, si la politique me passionne, les aléas d’un remaniement me laisse un peu de marbre. Le vrai intérêt viendra avec les premiers pas des nouveaux ministres et la composition de leur cabinet… Néanmoins, quelques remarques en vrac :

De la crise interne : il ne fait guère de doute que les propos de Montebourg ne pouvaient rester sans réaction. On peut même s’étonner que le désormais ex-ministre n’ait pas choisi de claquer la porte de lui-même plutôt que de scier consciencieusement la branche sur laquelle il prospérait jusqu’à la chute. Il y a une absence de rectitude morale dans la fonction publique occupée que l’argument du « je reste pour faire changer de l’intérieur » ne parvient pas à dissiper.

De la méthode : fallait-il remplacer les ministres frondeurs ou en passer par une démission de tout le gouvernement comme cela a été fait ? A dire vrai ce débat institutionnel n’intéresse que des cercles restreints et ne change rien à l’affaire, il y a au final un remaniement et la nomination d’un gouvernement Valls II, l’image dans l’opinion est la même. La méthode choisie a le mérite de la clarté en posant la question de confiance et de solidarité ministérielle à chaque impétrant. Le départ, volontaire, de Frédéric Cuvillier illustre bien l’intérêt de cette démarche de démission globale pour reformer un gouvernement cohérent.

De l’orientation politique : le remaniement imprime un renforcement de la cohérence autour de Manuel Valls. Ce que d’aucuns appellent le « social-libéralisme ». Chacun pourra approuver ou regretter cette orientation en fonction de ses propres inclinations politiques. Mais il serait vain ou hypocrite de s’en étonner : les déclarations présidentielles des derniers mois ne pouvaient pas laisser supposer un changement de cap ou un changement de premier ministre. Le renforcement de la cohérence autour de Valls ne peut pas être une surprise.

De la majorité présidentielle : le resserrement de la cohérence autour de Valls amenuise la base politique de soutien à l’action gouvernementale. Le remaniement amène son concert de pythies lisant la fin de Hollande dans les entrailles de la gauche. Les verts verdissent de rage et les courants du PS aiguisent les seconds couteaux pour leur traditionnelle université d’été à La Rochelle. Rien de nouveau, dans ses congrès et ses universités d’été le PS a l’habitude de se faire seppuku pour préparer l’avenir…

Du loup dans la bergerie : Jean-Pierre Jouyet annonçant la composition du nouveau gouvernement ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire en donnant le nom de son protégé,  Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Économie. Cet énarque passé par la banque Rotschild – horresco referens – est paré de tous les défauts de ses qualités : un agent de la finance infiltré dans les sphères politiques. Celui qui a passé une maîtrise en traitant de Machiavel peut-il être un homme fréquentable pour la gauche ? Le jeune néo-ministre est sous le feu de la rampe, pour un peu on croirait que c’est le nouveau premier ministre. Valls passait au second plan jusqu’à ce qu’une standing ovation du MEDEF vienne alimenter les conversations dans une feinte surprise. Les français qui ne connaissent la social-démocratie en Europe que par ouï-dire pensaient-ils que Valls voulait pendre le dernier patron avec les tripes du dernier curé ?  

Du marqueur sociétal : la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’Éducation a fait hurler les grenouilles de bénitier de la Manif pour tous. Sur les réseaux sociaux des tombereaux d’injures sexistes, racistes et homophobes ont accueilli cette nomination jugée provocante dans un délire de phantasmes variés et exotiques. Comme l’a fait remarquer un chroniqueur cet accès de fièvre est tout bénéfice pour le gouvernement, quand la politique économique est jugée trop proche de celle de droite, le clivage sociétal sert d’amulette pour éloigner les mauvais esprits.

Publié dans : Politique | le 28 août, 2014 |Pas de Commentaires »

DINARD & SON HISTOIRE

plaque jean 4

Cette plaque commémorative apposée dans un recoin de la promenade du Clair de Lune à Dinard, rappelle le débarquement le 3 août 1379 du duc Jean IV de retour d’exil. La plaque est peu mise en valeur, elle est difficilement lisible et aucun panonceau n’explique quoi que ce soit aux promeneurs et touristes qui passent devant, la municipalité semblant s’en ficher éperdument.

Ce ne fut pas toujours le cas ; ce bas-relief, œuvre du sculpteur breton Armel Beaufils, a été apposé en 1937 par la municipalité d’alors grâce à une souscription nationale, et quelques années plus tard au jour anniversaire du 3 août 1939, une reconstitution en costumes a célébré le 560ème anniversaire de l’événement historique…

Éclairons donc le lecteur très sommairement sur l’événement en question. Une guerre de succession se déroule en Bretagne à la mort de Jean III, guerre annexe à la guerre de Cent Ans. Deux maisons s’opposent : les Montfort alliés aux anglais et les Penthièvre alliés aux français. On passera sur les différentes péripéties pour amateurs d’histoire. Dans l’affaire, le droit dynastique est moins fort que les intérêts de chacun, la noblesse bretonne veut prospérer et le peuple qu’on le pille le moins possible. Peu soutenu, sauf par les anglais qui se comportent en bourrins, Jean de Monfort s’exile en Angleterre. La voie est libre pour Charles de Blois, mari de Jeanne de Penthièvre et le Roi de France Charles V confisque le duché dans le but de le rattacher à la couronne. Comme les français se comportent encore plus mal que les anglais, la noblesse bretonne, y compris Jeanne de Penthièvre alors duchesse de Bretagne, change d’avis et décide de rappeler le soudain légitime Jean de Montfort. C’est ainsi que le désormais Jean IV débarque à Dinard accompagné de ses soldats anglais pour reprendre possession de « son » duché. Il en reprendra possession assez facilement et la lignée Monfort sera assurée pour longtemps. Ce retour dit « triomphal » a donné lieu à une célèbre chanson du folklore (« An alac’h »)  et à un enjolivement historique imaginant une foule en liesse sur les bords de Rance pour accueillir le retour d’exil. L’écrivain Roger Vercel déclara ainsi « le débarquement de Jean IV à Dinard fut une apothéose ». Le comité d’accueil fut sans doute beaucoup plus restreint qu’on ne le laisse imaginer et le retour de la soldatesque anglaise moins appréciée encore…

Martine Craveia-Schütz élue maire de Dinard depuis cette année aura-t-elle la bonne idée de valoriser l’histoire de sa ville ?

Publié dans : Bretagne | le 23 août, 2014 |Pas de Commentaires »

NANTES EN BRETAGNE

francois II
Gisant du Duc François II à la cathédrale de Nantes.

La volonté du Gouvernement de remodeler les frontières régionales pour diminuer le nombre de régions administratives a revigoré le débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Un récent sondage montre une large adhésion des bretons au retour du cinquième département dans le giron "historique".

Il n’est pas certain que la volonté réformatrice de la carte administrative simplifie ce débat. Nantes et son château ducal n’est plus en Bretagne depuis que Vichy en décidé autrement. Dans une de ses chansons, Gilles Servat chante "Nantes sa ville natale ne serait plus en Bretagne, c’est pas ça qu’Anne a voulu…".  Ce n’est pas tant le lieu de naissance qui pose problème, de nombreux souverains sont nés hors de leurs possessions, mais Nantes avec sa cour ducale était bien l’une des deux villes capitales de la Bretagne historique et le découpage de juin 1941 qui soustrait la Loire-Inférieure de l’époque à la région est une hérésie culturelle. Mais du point de vue administratif la logique qui visait à redéfinir les grands centres avait sa logique.

Contrairement à d’autres parties de l’hexagone, il est difficile de dissocier totalement une région historique et une entité administrative. Le désenclavement de la péninsule bretonne reste encore à faire. Le plan des lignes ferroviaires à grande vitesse est programmé pour 2017, ce qui est bien tard, bien trop tard et est révélateur des choix faits dans le cadre des investissements nationaux d’infrastructures. Le sentiment d’être une région délaissée et une identité culturelle forte ont conduit à des initiatives comme la création en 1950, par des personnalités diverses, du CELIB (comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) qui a promu le plan routier breton et donné une impulsion régionale aux activités socio-économiques.

Le débat relancé par le projet gouvernemental soulève des questions diverses relatives à l’histoire (réelle ou supposée), au sentiment d’appartenance à une communauté de destin, aux pesanteurs héritées d’années de fonctionnement politique et administratif. S’il existe déjà des régions "bicéphales", les concurrences des villes capitales sont un frein. Mais quelle logique à avoir une Normandie coupée en deux ? Le sort de la région nantaise est encore incertain. Il y a une chance pour la Bretagne de retrouver son ancienne unité (avec éventuellement ses marches). Ne la laissons pas passer.
 

Publié dans : Bretagne, Politique | le 17 août, 2014 |Pas de Commentaires »

BACH DANS L’ASCENSEUR

bach 2

La musique est une alchimie complexe. Le choix d’un tempo, des voix ou des instruments peut en changer radicalement l’écoute. Certaines interprétations nous révèlent des trésors qui nous étaient passés à côté. Il m’arrive donc de posséder de multiples versions d’une même œuvre de Bach (par exemple). Du temps où j’empilais les CD, posséder plusieurs versions avait sa limite, et à supposer que mes rayonnages étaient extensibles, mon porte-monnaie ne l’était pas. La dématérialisation de la musique a ouvert de nouvelles possibilités avec notamment la faculté de n’acheter qu’un seul morceau sans devoir acquérir un album en entier.

Depuis quelques temps je me suis abonné à un célèbre site de musique en streaming (permettant la haute définition). Celui-ci me fait des suggestions fort intéressantes au fur et à mesure qu’il apprend à mon insu mes goûts musicaux, mais c’est un autre sujet… L’un des avantages de ce site, c’est qu’il me permet d’écouter une foultitude de versions de mes morceaux préférés, ce qui me fait rencontrer parfois des surprises, heureuses ou malheureuses.

Pour ce qui est de Bach, je découvre que le malheureux cantor est parfois assaisonné à toutes les sauces. Certains airs sont des « tubes » qui se prêtent à toutes les facéties et dépouillés de toute délicatesse ils deviennent des « musiques d’ascenseur » (Mozart c’est pour les attentes téléphoniques). Prenez la sicilienne en sol mineur de la sonate pour flûte (BWV 1031), si elle a été transposée naturellement pour piano, jouée parfois à l’orgue ou à la harpe, elle est curieusement jouée aux cuivres, joyeusement massacrée avec un ukulélé ou dénaturée avec des synthétiseurs. N’omettons pas la version sifflée (je n’ai pas trouvé le pétomane). On en fait une musique pour spa (si, si !) avec bruit d’eau qui coule, musique de détente baba-cool avec petits oiseaux et vent dans les arbres. Sans oublier la version berceuse avec clochettes pour endormir bébé dont le must est sans doute la version proposée par…  Fisher-Price dont j’ignorais le catalogue discographique.

Evidemment ce traitement de défaveur ne concerne que les morceaux les plus populaires de la musique classique. Ces tubes que l’on finit par détester tellement on nous les a rabâchés à toutes les sauces. Je n’ose plus écouter les Quatre Saisons de Vivaldi car à chaque fois j’ai l’impression que l’on va me servir une pizza dans la minute. Mais ces dérives exotiques ne doivent pas faire oublier l’essentiel : pour le reste, l’écoute comparée à loisir que permet le site de streaming est un véritable trésor.

Publié dans : Musique | le 16 août, 2014 |Pas de Commentaires »

LUNE GIBBEUSE

lune


Profitant d’un ciel clair dans la douceur d’un séjour marseillais j’ai pris cette photo d’une lune gibbeuse croissante. L’annonce d’une « super lune », pleine lune coïncidant avec une proximité maximale de la terre, début août me laissait espérer de belle photos de notre satellite. Hélas, un ciel couvert ne m’a laissé guère de répits pour observer cette grosse lune exceptionnellement lumineuse. Un télescope monté à la hâte sur un balcon a suffit néanmoins à quelques minutes de bonheur à observer les cratères où je n’ai vu gambader nul sélénite…

Publié dans : Divers | le 15 août, 2014 |Pas de Commentaires »

LCI & LE CSA

lci logo

La décision du CSA concernant le refus de passage en TNT gratuite de trois chaînes fait l’objet de vives critiques. C’est principalement la décision concernant LCI qui fait problème, Nonce Paolini ayant annoncé que puisque c’était comme ça, la chaîne cesserait d’émettre à la fin de l’année. Plusieurs responsables politiques de l’UMP font chorus pour dénoncer une censure politique. Ils visent Olivier Schrameck le président du CSA qui fut directeur de cabinet de Jospin, oubliant allègrement que 6 membres sur 9 du CSA ont été désignés par la droite… Et comme le trio Bergé-Pégasse-Niel a fait savoir son intérêt pour racheter LCI, bingo ! on a un complot tout trouvé…


Une censure politique vraiment ? En fait la situation était connue depuis un moment : le choix originel du groupe TF1 concernant la TNT payante était-il le bon ? Les deux autres chaînes d’info en continu, iTélé et BFM TV sont déjà en difficulté et un troisième acteur gratuit sur la même niche audiovisuelle, c’était réduire encore la part des recettes publicitaires de chacun. Le Comité d’Entreprise de BFM TV s’en était ému lorsque la volonté de TF1 de faire passer LCI en TNT gratuite a été connue, la crainte du plan social n’existe pas qu’à LCI… Et signe que les chaînes thématiques s’inquiètent pour leur espace vital, l’ACCeS, l’organisation professionnelle qui regroupe les chaînes conventionnées éditrices de service, s’est félicitée de la décision du CSA.


La situation de LCI et de son personnel est préoccupante. Elle l’était avant la décision du CSA. Elle l’est encore plus, c’est vrai, maintenant qu’elle reste en TNT payante. Mais une autre décision aurait aussi fragilisé le personnel des chaînes concurrentes. Le constat est le même pour d’autres niches de la télévision par câble ou satellite. La colère exprimée par le personnel de LCI est compréhensible, ce qui l’est moins c’est que des « responsables » politiques dont on se demande quel est leur niveau d’information de la situation de l’audiovisuel français, fassent des gesticulations purement politiciennes.

Publié dans : Politique | le 30 juillet, 2014 |Pas de Commentaires »
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