Archive pour la catégorie 'Syndicalisme'

DE QUOI MATHIEU GALLET EST-IL LE NOM ?

Radio-France 

La crise sociale très longue que traverse Radio France, porte-t-elle le nom de Mathieu Gallet ? Le jeune patron à belle gueule dont une motion défiance vient de réclamer le départ est-il donc la source de tous les maux ? Son arrogance, sa communication aléatoire et les annonces du Canard Enchaîné sur le coût du réaménagement de son bureau (décidé avent son arrivée) n’ont guère facilité la tâche du PDG. Les infos distillées par le Canard sont d’autant plus exaspérantes pour les salariés que les travaux de réhabilitation de la « maison ronde » ont commencé en 2006 et après des surcoûts exorbitants (malfaçons, incendies, erreurs), il n’est pas prévu qu’ils se terminent avant 2018… Mais ce que ne voient pas les commentateurs du café du commerce c’est que la crise de l’audiovisuel public a commencé bien avant l’arrivée de Mathieu Gallet. 

Rappelons aux oublieux que si son prédécesseur, Jean-Luc Hees a été nommé directement par Sarkozy, Mathieu Gallet a été nommé par le CSA. Auparavant il dirigeait l’INA qui fut la première entreprise de l’audiovisuel public a conclure un accord d’entreprise en substitution des accords précédents tombés suite à la loi Sarkozy… Autant dire qu’il n’arrivait pas par hasard à la tête de Radio-France et qu’il ignorait pas la situation. Seulement voilà, la tutelle, c’est à dire le Ministère de la Culture et de la Communication doit signer un COM avant l’été (contrat d’objectifs et de moyens) avec une économie de 50 milliards d’euros à réaliser. Cette économie se fait principalement au détriment de l’emploi (entre 300 et 400 départs volontaires prévus, voire plus…). Et il y a l’épineux problème des deux orchestres (plus chœur, plus maîtrise) à régler…


Avant de se focaliser sur la personnalité controversée de son PDG, le premier appel à la grève (le 12 mars) était naturellement sur le sous-financement scandaleux de l’audiovisuel public. Mais voilà qu’il y a beaucoup de bonnes fées qui jouent leur partition au chevet du malade : Fleur Pellerin « convoque » par deux fois Mathieu Gallet pour qu’il expose son projet d’entreprise. Mais la ministre ne changera pas le Président : d’abord parce que ce n’est pas dans ses attributions (c’est le CSA qui le peut), ensuite parce que le président « cramé » est bien utile pour conduire les aménagements saignants et finir « carbonisé », on pourra le changer quand il aura fini la basse besogne que personne ne veut assumer. Les présidents des commissions Culture de l’Assemblée Nationale et du Sénat donnent de la voix. Patrick Bloche (PS) pour l’A.N. aime bien jouer au ministre-bis de la Culture et l’occasion lui offre un beau terrain de jeu. Il reçoit l’intersyndicale avec toute la componction requise. Catherine Morin-Dessailly (UDI) pour le Sénat est plus gênée aux entournures : Mathieu Gallet (droite) désigné par le CSA (présidé par Olivier Schrameck, ancien chef de cabinet de Jospin) suite à la réforme de l’audiovisuel de Sarkozy, c’est bien compliqué, aussi renvoie-t-elle chacun dos-à-dos et appelle au dialogue, ça ne mange pas de pain.

Comme on peut s’en douter, l’intersyndicale n’est pas homogène. Le conflit s’éternise et les voies de sortie sont étroites. La CGT espère faire durer la grève et faire la jonction avec la journée d’action du 9 avril et elle souhaite obtenir la tête de Gallet comme trophée de sortie de crise. La CFDT espère des annonces acceptables pour sortir de l’impasse, mais chaque jour les exigence de la base deviennent plus fortes. SUD qui est très impliquée dans les orchestres espère obtenir des garanties sur la non-fusion des deux formations et des garanties sur le nombre d’emploi musiciens, le SNJ entre et sort, tiraillé entre l’affichage d’une solidarité et le faible nombre de journalistes grévistes qui lorgnent inquiets sur la fuite d’audience vers les stations « périphériques »…

Dans le même temps, le CSA s’apprête à auditionner les 33 candidats à la présidence de France Télévisions où la situation sociale n’est pas moins explosive. Le sous-financement de l’audiovisuel public institué par la loi Sarkozy et que le Gouvernement Valls avalise, va rester le problème numéro un. La chute de Mathieu Gallet, si elle advenait, ne changerait rien à l’affaire…

Publié dans:Politique, Syndicalisme |on 5 avril, 2015 |Pas de commentaires »

COMING-IN

comingin
 

Un documentaire est en cours de montage pour être diffusé par la chaîne Public Sénat le 17 mai 2015, journée mondiale de lutte contre l’homophobie avant de partir dans différents festivals. Son titre provisoire est « COMING IN », il traite des homos dans le monde du travail des années 50 à nos jours. Pour la 1ère fois, la question du travail sera abordée de l’intérieur à travers le témoignage de 9 personnages, lesbiennes ou gays, racontant leur vie au travail mais aussi leurs luttes militantes de l’après-guerre à nos jours.

Pour permettre de boucler le financement du film, en particulier en achetant des archives INA et pour boucler la post-production, une campagne de financement participatif a été lancée sur le site Ulule.

Les campagnes de crowdfunding sont légion et restent difficiles à mener jusqu’au bout. Votre soutien et vos partages seront donc d’une grande aide :

http://fr.ulule.com/coming-in/

https://www.facebook.com/cominginledoc

Publié dans:Divers, Gay, Société, Syndicalisme |on 16 mars, 2015 |1 Commentaire »

PRIDE

Pride2
 

Le film PRIDE sorti en France en septembre 2014, est rapidement devenu le "film gay" de l’année. Ce film touchant, drôle et émouvant est basé sur l’histoire vraie et peu connue d’un groupe de jeunes homosexuels et lesbiennes se mobilisant pour apporter un soutien financier aux mineurs en grève sous Thatcher. Après des incompréhensions réciproques, les gays ne comprenant pas pourquoi il faudrait soutenir des mineurs réputés homophobes et les mineurs hostiles à ce soutien inhabituel, les deux « clans réprouvés »; apprennent à se connaître et, symbole de cette « jonction », des délégations de mineurs ont ouvert la marche de la Gay Pride londonienne de 1985.

Le film est centré sur le petit groupe emmené par le jeune activiste Mark Ashton et le contexte du climat militant du début des années 80. La conscience politique, le disco, l’apparition du SIDA, la majorité sexuelle à 21 ans pour les homosexuels et l’exclusion sociale forment la trame de fond. Le jeu et le dynamisme communicatif des acteurs nous font entrer facilement dans cette histoire pleine de bons sentiments. Malgré sa trame militante, le film reste une comédie, ce parti pris peut parfois faire douter sur ce qui est tiré du réel et ce qui est une fantaisie scénaristique. Cette qualité du film est aussi son défaut, il donne à voir sans expliquer. Si l’attitude des mineurs du village gallois choisit par le groupe Lesbiennes et Gays en Soutien aux Mineurs, passant de l’hostilité à l’amitié, traverse le film, on ne saura rien du revirement du syndicat national des mineurs passant du rejet au soutien de la cause LGBT. Seuls les caractères principaux sont réellement traités. Le film parvient à égrener au long de sa narration différents aspects comme le « coming out » familial, les agressions homophobes, la découverte de sa séropositivité, l’homosexualité cachée en zone rurale etc. La longue grève historique des mineurs et la reprise du travail « tête haute », mais défaits, aurait mérité sans doute un peu plus de développement pour les jeunes générations qui n’ont vécu les années Thatcher.

Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film « social » qui alterne rires et larmes est une pépite
qui donne à réfléchir en contraste avec notre propre époque. Et pour rappeler que beaucoup de scènes sont authentiques, le générique de fin rappelle quelques éléments historiques et renseigne sur le devenir des personnages réels ayant inspiré le film. En particulier sur le sort tragique du lumineux Mark Ashton décédé quelques jours après avoir appris sa séropositivité, il avait 26 ans…

Publié dans:Gay, Politique, Société, Syndicalisme |on 28 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

CGT : LA MAUVAISE DÉFENSE DE LEPAON

chateau
 

Depuis que le Canard Enchaîné a sorti l’affaire de l’appartement de fonction loué pour le Secrétaire Général de la CGT à Vincennes et rénové à grands frais, on attendait la réponse de Thierry Lepaon : celle-ci est venue ce mardi 4 novembre devant le Comité Confédéral National (le « parlement » de la centrale de Montreuil selon la formule consacrée). La première réaction de la CGT sous la forme d’un communiqué pour expliquer que si on en veut à l’organisation syndicale c’est qu’elle gêne, était un peu courte et le silence du principal incriminé commençait à peser lourd et à laisser les militants cégétistes ronger leur frein face à une campagne médiatique un peu surjouée… Lepaon déclare avoir voulu réserver sa réponse à l’interne de la CGT : c’est ignorer les règles élémentaires de la communication de crise car le silence est un terreau fertile et sa réponse tardive a laissé le champ libre à ses détracteurs.

Le long texte lu par Lepaon devant le CCN de la CGT (voir ici) est calibré pour son usage interne. On resserre les rangs face à l’adversité, on demande à la commission financière de contrôle de faire un rapport, on identifie une faute collective dans le processus de décision que l’on veut corriger en embauchant un directeur administratif et financier, on tape un coup sur Manuel Valls qui ferait mieux de s’occuper de la France que de la CGT et enfin on fustige le corbeau qui a préféré s’adresser à la presse qu’aux organes internes de la centrale dans un but transparent de nuire au Secrétaire général en place…

Si à la première lecture, ce plaidoyer répond aux canons de l’exercice de justification devant une instance interne, il soulève en réalité plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Voilà un Secrétaire général qui "apprend par la presse" le montant de rénovation de son appartement ; comme Sarkozy ignorant du montant pharaonique de ses grands meetings électoraux et de la « tuyauterie » mise en place dans l’affaire Bygmalion… Pour peu que cette fable soit réelle ce serait faire montre d’un bien faible soucis pour les finances de son organisation.

Voilà un provincial débarquant à la capitale et ignorant des « codes sociaux » qui mettent Vincennes dans les quartiers plutôt chics de la banlieue parisienne. A supposer que Lepaon arrivait à Montreuil avec la paille dans les sabots, il n’y avait aucun camarade pour y voir un problème ?

Voilà une organisation syndicale soumise à la certification des comptes et où « une seule personne » peut engager plus de 100 k€ de travaux sans en référer à personne ? Or précisément l’une des premières tâches d’un commissaire aux comptes est d’identifier tous les processus de décision comptable et de contrôle. De deux choses l’une, soit le commissaire aux comptes est un dilettante, soit les procédures normales de décisions n’ont pas été respectées.

Enfin la question de départ demeure : que la confédération accorde un logement de fonction a un dirigeant habitant en province, rien de plus normal, les postes dirigeants ne sont pas réservés aux parisiens. Le logement de fonction doit être un logement simple, fonctionnel et certes personnalisé mais pas au-delà : une organisation qui se fixe des limites dans la rémunération de ses cadres dirigeants, s’en fixe aussi dans les avantages matériels qu’elle leur accorde. Or voilà une organisation bien mal gérée qui loue un appartement tellement délabré qu’il faille faire pour plus de 100 k€ de travaux… Le propriétaire doit se réjouir d’un locataire si conciliant et généreux !

La défense de Lepaon qui s’exonère devant le CCN de la CGT ne fait en fin de compte que souligner les dérives de fonctionnement au sein de la direction de la confédération où la mésentente est un secret de polichinelle : notons que 4 membres du bureau Confédéral (sur 10) n’ont pas voté la note interne qui a été diffusée suite aux révélations de la presse. En soulignant une « faute collective » que beaucoup ne reconnaîtrons pas, Lepaon s’est mis lui-même en mauvaise posture. Le jour même où une grève des transports ferroviaires et urbains appelée par la seule CGT est si peu suivie, la crise du leadership au sein de la centrale de Montreuil ne fait qu’apparaître avec plus d’acuité.

Publié dans:Politique, Syndicalisme |on 4 novembre, 2014 |1 Commentaire »

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