Archive pour la catégorie 'Bretagne'

MARÉE DU SIÈCLE

port asséché
Le port de Saint-Malo asséché à marée basse.

 

La marée du siècle de mars 2015 a fait l’objet d’une couverture médiatique exceptionnelle, poussant des hordes de touristes sur les rivages. Ces marées ont beau être « du siècle », elles reviennent tous les 18 ans. J’ai voulu, moi aussi, être de la partie et je me suis rendu à Saint-Malo et Dinard pour assister aux caprices des eaux là où j’ai passé mon enfance. Le seul souvenir que j’ai d’une marée du siècle, c’est tout gamin avec mon père dans la baie du Mont Saint-Michel, dans la foule étirée aubord de la route du littoral pour voir l’eau nous lécher les pieds…

Marée du siècle ne signifie pas tempête. Les grandes marées immédiatement précédentes avaient eu leur lot de vagues et la vidéo d’une journaliste de BFM attrapée par une vague au bout du Sillon à Paramé avait fait le tour des réseaux sociaux. Ce sont les images de cette marée qui ont illustré les reportages télés, y compris Thalassa sur France 3 et non celui de la marée haute « du siècle » avec son coefficient de 119 et son marnage de presque 14 mètres, mais une grande tranquillité. C’est que le jour-dit la météo était froide mais avec un vent bien calme. Pas de surcote, point de grandes vagues qui claquent les immeubles du bord de mer. Juste quelques douches glacées ça et là. Au point que certains touristes râlaient contre les médias annonçant un spectacle exceptionnel qu’ils confondaient avec une sorte de petit tsunami.

C’est que le spectacle était ailleurs. Un spectacle qui étonne les gens du cru. Une marée basse exceptionnelle qui se retire au loin et découvre des rochers et des bancs de sables rarement visibles, transformant un paysage quotidien en quelque chose de nouveau. Les bancs de sable découverts devant Dinard et ceux devant Saint-Malo semblaient vouloir se rejoindre. Le marégraphe côté Saint-Servan était totalement à sec sur son socle rocheux. Au loin, le phare du Grand Jardin trônait sur un large massif rocheux. La marée montante était rapide, au point que des bancs de sable dans le port s’amenuisaient à vue d’œil, pas avec l’extraordinaire célérité de la baie du Mont Saint-Michel mais suffisamment pour étonner. Le soir venu, à la nuit tombante, la mer avait repris tout l’espace. Le phare du Grand Jardin n’était plus qu’un trait au milieu des flots, les vagues de la cale de l’embarcadère arrivaient presque jusqu’à hauteur de la route. A Dinard, les vagues de la grand’plage arrivaient à venir jusqu’aux portes du casino protégées par de lourds sacs de sable.

Ce sentiment de force de l’élément marin m’a toujours impressionné. L’exceptionnel marnage de la marée du siècle aurait mérité de prendre des clichés en time-lapse, ce que d’autres ont fait. Mais je n’ai pas le courage de poireauter six heures au même endroit. J’ai préféré filer d’un endroit à un autre, d’une crique à une plage, de Dinard à la Pointe de la Varde, là où il y avait le moins de monde. Au loin, le Grand Bé était couvert de marcheurs comme autant de petites fourmis, rompant le souhait de solitude de Chateaubriand par une exceptionnelle affluence devant sa tombe « anonyme » et isolée face aux flots enfuis.

 

Publié dans:Bretagne |on 29 mars, 2015 |2 Commentaires »

CÉZEMBRE

Cézembre
L’île de Cézembre vue de Saint-Malo.

Une dépêche AFP nous apprend qu’une opération de déminage et dépollution sur l’île de Cézembre (si elle était menée) pourrait permettre d’y créer un sentier d’accès à certaines parties nord et ouest de l’île actuellement interdites d’accès. Cette dépêche AFP a été reprise telle quelle par plusieurs médias accompagnée de la même photo de la plage de Cézembre obligeamment fournie par l’agence. Sur certains sujets, les journaux ne chargent plus de journalistes pour éclairer leur lectorat, la reprise in extenso des dépêches AFP leur suffit. C’est agaçant, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai un jour, revenons à notre caillou…

Saint-Malo et Marseille partagent le fait d’avoir une extension insulaire. Mais si l’archipel du Frioul en face de la citée phocéenne est toujours marqué par la présence de blockhaus et de débris métalliques allemands de la seconde guerre mondiale, c’est un ensemble touristique ouvert aux promeneurs. Cézembre est dix fois plus petite et semble concentrer sur son relief tourmenté dix fois plus de bâti militaire : la vue aérienne de l’île est significative (voir ici). Mais surtout le déluge de bombes, plusieurs milliers de tonnes, a rendu les opérations de déminage compliquées et le sol reste sans doute encore truffé d’explosifs. Enfin, l’île a reçu une pluie de Napalm qui pollue toujours le site même si la végétation a repris ses droits.

Il ne reste donc que la plage et ses abords qui soient accessibles au public, et bien sûr son unique restaurant. Soit seulement un dixième de l’île libre d’accès.

La création d’un sentier de 3 km permettant d’accéder à certaines parties parties de l’île et profiter du panorama superbe de la baie vers le Cap Fréhel serait donc une divine surprise. Mais quand ? Pour l’instant il n’y a que l’idée qui germe. Vivement que cette initiative se réalise !

Publié dans:Bretagne |on 30 août, 2014 |1 Commentaire »

DINARD & SON HISTOIRE

plaque jean 4

Cette plaque commémorative apposée dans un recoin de la promenade du Clair de Lune à Dinard, rappelle le débarquement le 3 août 1379 du duc Jean IV de retour d’exil. La plaque est peu mise en valeur, elle est difficilement lisible et aucun panonceau n’explique quoi que ce soit aux promeneurs et touristes qui passent devant, la municipalité semblant s’en ficher éperdument.

Ce ne fut pas toujours le cas ; ce bas-relief, œuvre du sculpteur breton Armel Beaufils, a été apposé en 1937 par la municipalité d’alors grâce à une souscription nationale, et quelques années plus tard au jour anniversaire du 3 août 1939, une reconstitution en costumes a célébré le 560ème anniversaire de l’événement historique…

Éclairons donc le lecteur très sommairement sur l’événement en question. Une guerre de succession se déroule en Bretagne à la mort de Jean III, guerre annexe à la guerre de Cent Ans. Deux maisons s’opposent : les Montfort alliés aux anglais et les Penthièvre alliés aux français. On passera sur les différentes péripéties pour amateurs d’histoire. Dans l’affaire, le droit dynastique est moins fort que les intérêts de chacun, la noblesse bretonne veut prospérer et le peuple qu’on le pille le moins possible. Peu soutenu, sauf par les anglais qui se comportent en bourrins, Jean de Monfort s’exile en Angleterre. La voie est libre pour Charles de Blois, mari de Jeanne de Penthièvre et le Roi de France Charles V confisque le duché dans le but de le rattacher à la couronne. Comme les français se comportent encore plus mal que les anglais, la noblesse bretonne, y compris Jeanne de Penthièvre alors duchesse de Bretagne, change d’avis et décide de rappeler le soudain légitime Jean de Montfort. C’est ainsi que le désormais Jean IV débarque à Dinard accompagné de ses soldats anglais pour reprendre possession de « son » duché. Il en reprendra possession assez facilement et la lignée Monfort sera assurée pour longtemps. Ce retour dit « triomphal » a donné lieu à une célèbre chanson du folklore (« An alac’h »)  et à un enjolivement historique imaginant une foule en liesse sur les bords de Rance pour accueillir le retour d’exil. L’écrivain Roger Vercel déclara ainsi « le débarquement de Jean IV à Dinard fut une apothéose ». Le comité d’accueil fut sans doute beaucoup plus restreint qu’on ne le laisse imaginer et le retour de la soldatesque anglaise moins appréciée encore…

Martine Craveia-Schütz élue maire de Dinard depuis cette année aura-t-elle la bonne idée de valoriser l’histoire de sa ville ?

Publié dans:Bretagne |on 23 août, 2014 |Pas de commentaires »

NANTES EN BRETAGNE

francois II
Gisant du Duc François II à la cathédrale de Nantes.

La volonté du Gouvernement de remodeler les frontières régionales pour diminuer le nombre de régions administratives a revigoré le débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Un récent sondage montre une large adhésion des bretons au retour du cinquième département dans le giron "historique".

Il n’est pas certain que la volonté réformatrice de la carte administrative simplifie ce débat. Nantes et son château ducal n’est plus en Bretagne depuis que Vichy en décidé autrement. Dans une de ses chansons, Gilles Servat chante "Nantes sa ville natale ne serait plus en Bretagne, c’est pas ça qu’Anne a voulu…".  Ce n’est pas tant le lieu de naissance qui pose problème, de nombreux souverains sont nés hors de leurs possessions, mais Nantes avec sa cour ducale était bien l’une des deux villes capitales de la Bretagne historique et le découpage de juin 1941 qui soustrait la Loire-Inférieure de l’époque à la région est une hérésie culturelle. Mais du point de vue administratif la logique qui visait à redéfinir les grands centres avait sa logique.

Contrairement à d’autres parties de l’hexagone, il est difficile de dissocier totalement une région historique et une entité administrative. Le désenclavement de la péninsule bretonne reste encore à faire. Le plan des lignes ferroviaires à grande vitesse est programmé pour 2017, ce qui est bien tard, bien trop tard et est révélateur des choix faits dans le cadre des investissements nationaux d’infrastructures. Le sentiment d’être une région délaissée et une identité culturelle forte ont conduit à des initiatives comme la création en 1950, par des personnalités diverses, du CELIB (comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) qui a promu le plan routier breton et donné une impulsion régionale aux activités socio-économiques.

Le débat relancé par le projet gouvernemental soulève des questions diverses relatives à l’histoire (réelle ou supposée), au sentiment d’appartenance à une communauté de destin, aux pesanteurs héritées d’années de fonctionnement politique et administratif. S’il existe déjà des régions "bicéphales", les concurrences des villes capitales sont un frein. Mais quelle logique à avoir une Normandie coupée en deux ? Le sort de la région nantaise est encore incertain. Il y a une chance pour la Bretagne de retrouver son ancienne unité (avec éventuellement ses marches). Ne la laissons pas passer.
 

Publié dans:Bretagne, Politique |on 17 août, 2014 |Pas de commentaires »

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