Archive pour mai, 2015

Dardanus

dardanus

Le jeune chef Raphaël Pichon a proposé une nouvelle création de Dardanus avec son ensemble Pygmalion. L’opéra de Rameau dans sa version de 1739 a été mis en scène par Michel Fau. Après avoir été créé à l’Opéra de Bordeaux, le spectacle a été donné à l’Opéra Royal du Château de Versailles les 5 et 6 mai 2015.

L’association Pichon-Fau m’intriguait, tant chacun des deux relevait pour moi d’un univers singulier différent. Michel Fau à la mise en scène d’un opéra du baroque français ? Le genre est délicat à mettre en scène et une vision trop moderniste, une transposition inappropriée peut se révéler un échec cinglant. Une reconstitution en costumes et gestuelle de l’époque est hélas trop rare, soit disant parce que trop élitiste, plus sûrement parce qu’elle est exigeante et onéreuse. On se souvient encore de l’heureux choc de la coruscante mise en scène de Jean-Marie Villégier pour l’Atys de Lully dirigé par William Christie…

Qu’allait faire le facétieux Michel Fau ? Son annonce de ne vouloir faire « ni reconstitution, ni modernisation » était un pari que l’on demandait à voir.

Pour dire vrai, au début de ce Dardanus, je fus un peu perplexe. Des vrais-faux costumes rappelant l’époque, des couleurs vives et tranchées, un décor kitsch… ce parti-pris qui ne détonnerait pas pour Offenbach, allait-il seoir à Rameau ? Et dans l’écrin particulier de l’opéra du Château de Versailles il y a peu d’indulgence pour la gaudriole. Et pourtant, petit à petit, cela fonctionne. Le côté petit théâtre amusant, les jeux de rideaux peints, les nacelles suspendues, l’emploi des "machineries" (la tempête), jusqu’à l’emploi d’une cabine à double-fond pour la transformation instantanée d’un personnage, tout ceci reste dans la voie étroite fixée par Michel Fau lui-même, ni reconstitution, ni modernisation. Et cela fonctionne. Rien de génial, rien de scandaleux. Pour reprendre le mot d’un critique (Laurent Bury) : il n’a pas réinventé Rameau, il l’a ripoliné. C’est agréable sans être mémorable.

De son côté l’ensemble Pygmalion sous la direction de Raphaël Pichon fait merveille et ne laisse aucun ennui s’installer dans les 3H30 de l’œuvre accompagnant une excellente distribution des rôles. En fait le seul bémol pourrait venir de la chorégraphie de Christopher Williams, éloignée du style baroque et bien lisse, qui semble avoir du mal à trouver une voie et se "plaque" sur la scénographie donnant parfois un sentiment peut-être injuste d’à-peu-près.

Au total, un spectacle agréable aux yeux et aux oreilles, sans temps mort ni longueur. Que demander de plus ?

Publié dans:Musique |on 8 mai, 2015 |Pas de commentaires »

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