Archive pour avril, 2015

LE LOBBY GAY EST DE RETOUR

puissant lobby
 

Quand on traîne ses guêtres sur les réseaux sociaux on apprend qu’il existe un « puissant lobby gay » ou sa variante plus universaliste le « puissant lobby LGBT ». Avant il existait des groupes militants, composés d’une poignée de volontaires qui affrontaient l’adversité et tentaient de faire connaître leurs opinions à la face du monde dans l’espoir de faire bouger les lignes. Et leur seule puissance était celle du verbe. Depuis la croisade de la Manif Pour Tous on a vu apparaître la main cachée : le puissant lobby gay qui œuvre dans l’ombre. Pas un lobby au sens exact, mais une sorte de confrérie secrète impalpable qui dicterait ses consignes aux médias qu’il noyauterait de toutes parts, placerait ses hommes et ses femmes aux postes clefs de la République et des principales entreprises, et ferait plier les politiques sous ses efficaces menaces.

On pourrait hausser les épaules devant cette fable. D’autant plus qu’ayant connu de facto le difficile chemin de la minorité sociale à la reconnaissance de droits égaux, l’on sait ce que cette fadaise a d’insultant pour tant de vies brisées par l’ostracisme. Mais cet argument magique n’est pas seulement porté par la mode des conspirations en tous genres où le meyssanisme est le nouveau messianisme ; il est aussi une résurgence de l’esprit réactionnaire d’avant-guerre, où juifs, communistes, francs-maçons étaient dépeints comme une cinquième colonne antinationale agissant dans l’ombre, insaisissable et gangrénant le pays… Ou plus avant encore, l’offensive des bellicistes prussiens contre la « Table de Liebenberg » qui déclencha l’affaire Harden-Eulenburg

L’indigence intellectuelle de ceux qui imaginent un lobby gay invisible et tout-puissant est un symptôme inquiétant dans un monde instable, terrorisé, où les notions mêmes de démocratie, de laïcité, du vivre ensemble semblent moins partagées qu’hier et constamment interrogées dans une confusion des esprits qui fait craindre pour l’avenir.

Par un singulier retournement, le coming-out de personnalités n’est plus seulement un abandon d’hypocrisie ou un simple acte de vérité, cela devient aussi la preuve d’une sorte d’impérialisme homosexuel ; des animateurs TV : c’est bien la preuve que les médias sont aux mains de la camarilla du Marais, le patron d’Apple : c’est bien la preuve que les dollars coulent à flots pour favoriser le mariage gay aux USA, des maires de grandes villes : c’est nécessairement une pluie de subventions indues à des associations impies et « communautaristes », etc.

Somme toute cette fadaise de lobby gay n’est pas drôle. Elle est l’un des signes, parmi d’autres, d’une crise de la représentation politique où ce qui est fait est de moins en moins ressenti comme l’expression de la volonté assumée de représentants ; les volitions apparaissent de plus en plus comme les conséquences d’obscurs jeux de circonstances et de pouvoirs. Dans cette perte de citoyenneté il y a tout à craindre pour l’avenir.

Publié dans:Gay, Politique, Société |on 5 avril, 2015 |4 Commentaires »

DE QUOI MATHIEU GALLET EST-IL LE NOM ?

Radio-France 

La crise sociale très longue que traverse Radio France, porte-t-elle le nom de Mathieu Gallet ? Le jeune patron à belle gueule dont une motion défiance vient de réclamer le départ est-il donc la source de tous les maux ? Son arrogance, sa communication aléatoire et les annonces du Canard Enchaîné sur le coût du réaménagement de son bureau (décidé avent son arrivée) n’ont guère facilité la tâche du PDG. Les infos distillées par le Canard sont d’autant plus exaspérantes pour les salariés que les travaux de réhabilitation de la « maison ronde » ont commencé en 2006 et après des surcoûts exorbitants (malfaçons, incendies, erreurs), il n’est pas prévu qu’ils se terminent avant 2018… Mais ce que ne voient pas les commentateurs du café du commerce c’est que la crise de l’audiovisuel public a commencé bien avant l’arrivée de Mathieu Gallet. 

Rappelons aux oublieux que si son prédécesseur, Jean-Luc Hees a été nommé directement par Sarkozy, Mathieu Gallet a été nommé par le CSA. Auparavant il dirigeait l’INA qui fut la première entreprise de l’audiovisuel public a conclure un accord d’entreprise en substitution des accords précédents tombés suite à la loi Sarkozy… Autant dire qu’il n’arrivait pas par hasard à la tête de Radio-France et qu’il ignorait pas la situation. Seulement voilà, la tutelle, c’est à dire le Ministère de la Culture et de la Communication doit signer un COM avant l’été (contrat d’objectifs et de moyens) avec une économie de 50 milliards d’euros à réaliser. Cette économie se fait principalement au détriment de l’emploi (entre 300 et 400 départs volontaires prévus, voire plus…). Et il y a l’épineux problème des deux orchestres (plus chœur, plus maîtrise) à régler…


Avant de se focaliser sur la personnalité controversée de son PDG, le premier appel à la grève (le 12 mars) était naturellement sur le sous-financement scandaleux de l’audiovisuel public. Mais voilà qu’il y a beaucoup de bonnes fées qui jouent leur partition au chevet du malade : Fleur Pellerin « convoque » par deux fois Mathieu Gallet pour qu’il expose son projet d’entreprise. Mais la ministre ne changera pas le Président : d’abord parce que ce n’est pas dans ses attributions (c’est le CSA qui le peut), ensuite parce que le président « cramé » est bien utile pour conduire les aménagements saignants et finir « carbonisé », on pourra le changer quand il aura fini la basse besogne que personne ne veut assumer. Les présidents des commissions Culture de l’Assemblée Nationale et du Sénat donnent de la voix. Patrick Bloche (PS) pour l’A.N. aime bien jouer au ministre-bis de la Culture et l’occasion lui offre un beau terrain de jeu. Il reçoit l’intersyndicale avec toute la componction requise. Catherine Morin-Dessailly (UDI) pour le Sénat est plus gênée aux entournures : Mathieu Gallet (droite) désigné par le CSA (présidé par Olivier Schrameck, ancien chef de cabinet de Jospin) suite à la réforme de l’audiovisuel de Sarkozy, c’est bien compliqué, aussi renvoie-t-elle chacun dos-à-dos et appelle au dialogue, ça ne mange pas de pain.

Comme on peut s’en douter, l’intersyndicale n’est pas homogène. Le conflit s’éternise et les voies de sortie sont étroites. La CGT espère faire durer la grève et faire la jonction avec la journée d’action du 9 avril et elle souhaite obtenir la tête de Gallet comme trophée de sortie de crise. La CFDT espère des annonces acceptables pour sortir de l’impasse, mais chaque jour les exigence de la base deviennent plus fortes. SUD qui est très impliquée dans les orchestres espère obtenir des garanties sur la non-fusion des deux formations et des garanties sur le nombre d’emploi musiciens, le SNJ entre et sort, tiraillé entre l’affichage d’une solidarité et le faible nombre de journalistes grévistes qui lorgnent inquiets sur la fuite d’audience vers les stations « périphériques »…

Dans le même temps, le CSA s’apprête à auditionner les 33 candidats à la présidence de France Télévisions où la situation sociale n’est pas moins explosive. Le sous-financement de l’audiovisuel public institué par la loi Sarkozy et que le Gouvernement Valls avalise, va rester le problème numéro un. La chute de Mathieu Gallet, si elle advenait, ne changerait rien à l’affaire…

Publié dans:Politique, Syndicalisme |on 5 avril, 2015 |Pas de commentaires »

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