Archive pour janvier, 2015

OUVERTURE DE LA PHILHARMONIE

concert Arts Flo
 

La Philharmonie de Paris a donc désormais ouvert ses portes. Je suis allé au concert d’ouverture des Arts Flo le vendredi 17, deux jours après la cérémonie d’inauguration avec le gratin. J’y suis allé en voisin puisque j’habite le quartier et que la présence de cet ensemble dans le nord-est parisien ne peut que me ravir.

Maintenant que les palissades ont été retirées, je peux emprunter la longue rampe d’accès qui mène vers l’entrée de la grande salle. Je peux enfin comprendre les mouchetures que l’on aperçoit de loin : ce sont des oiseaux entremêlés. Quand on a le nez dessus cela signe le bâtiment, de loin cela donne un curieux effet d’ombres pas très heureux. Le bâtiment lui-même est assez laid, j’ai beau essayer de trouver quelque chose de majestueux ou
d’aérien, je n’y arrive pas. Pour autant l’ensemble trouve sa place dans le paysage, sans grâce mais sans choquer.

Une fois sur place, le côté inachevé saute aux yeux. Il manque des plaques ici ou là, une partie a été drapée pour dissimuler les travaux en cours, quelques finitions attendent d’être faites, dans la salle quelques chaises remplacent des fauteuils manquants et mon siège est numéroté
par un simple Post-it, toutes les pastilles n’ayant pas été posées… Ce côté prématuré amuse plutôt le public largement prévenu par les articles de presse des différentes péripéties de la Philharmonie et en particulier par la tribune dans Le Monde de l’architecte Jean Nouvel qui a boudé l’inauguration officielle.

Plan Vigipirate oblige, la foule s’agglutine devant les portiques de détection de métaux. Le personnel est lui-aussi en rodage : je ne fait pas sonner le portique puisque je passe mon manteau rempli de quincaillerie sur le côté, et hop ! me voici à l’intérieur. A l’entracte, l’agent de sécurité aura la présence d’esprit de me faire vider mes poches pour me faire passer avec mon manteau sous le portique…

L’agencement indécryptable depuis l’extérieur apparaît une fois dans le bâtiment : de grands espaces et un accès facile aux différents niveaux de la grande salle asymétrique. Celle-ci est bien agencée, et les rangs de fauteuils sont en pente raide : même si la Reine d’Angleterre était devant moi, je ne serais pas gêné par son chapeau pour voir la scène… L’espace étroit pour circuler dans les rangées est un peu casse-gueule et promet quelques déboires aux retardataires les moins lestes. Les couleurs douces et le sentiment d’espace sont très apaisants. Suspendus au plafond, de longs réflecteurs acoustiques aux formes ondulées ressemblent à des nuages. Contre le mur du fond des tuyaux d’orgue espacés et comme « posés » sur une lamelle semblent être là pour la décoration, pourtant il s’agit bien de l’orgue symphonique (voir ici). Cette salle est une réussite par son agencement et une acoustique exceptionnelle.

Le concert dirigé par William Christie a été un régal. Capté en direct par ARTE, il reste en replay pour un mois sur le site de la chaîne (voir ici). L’excellente visibilité du plateau et sa réelle proximité avec les places de la salle est un atout majeur. Le public est conquis, un peu trop parfois : au-delà du concert il y a visiblement la satisfaction d’être là, de vivre quelque chose de spécial. En fin de concert William Christie parlera de communion. Il n’a pas tort. Un peu de cabotinage aussi. A la fin des rappels, une surprise pour le maestro, Paul Agnew vient diriger une séquence pour l’anniversaire de Christie. Une fin émouvante avec une standing ovation de plus de 2000 personnes. Cela fait déjà un mois que « Bill » a fêté ses 70 ans mais il; fallait bien un symbole pour marquer l’entrée des Arts Flo comme compagnie
résidente à la Philharmonie…

Durant ce week-end, ce sont les portes ouvertes. L’esplanade est remplie de monde. Un signe pour ceux qui pensaient que le public ne viendrait pas jusqu’à cette partie populaire et excentrée de la capitale. Reste maintenant au paquebot de la musique à trouver son rythme de croisière…

Publié dans:Musique |on 18 janvier, 2015 |2 Commentaires »

MARCHE RÉPUBLICAINE

manif charlie
 

Après le carnage terroriste à Charlie-Hebdo et les morts lors de l’attaque de l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes, l’appel à l’unité nationale s’est conclu par la journée historique de manifestations du 11 janvier. Plus d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernements étaient présents à Paris pour la marche républicaine. La dignité des cortèges, la foule immense partout en France, l’absence d’incidents et la retenue témoignent de ce sursaut national face à la barbarie.

Unité nationale ? Tout le monde ne comprend pas ce dont il s’agit et le hastag #JeSuisCharlie est parfois pris pour ce qu’il ne signifie pas. Il ne s’agissait pas d’approuver la ligne éditoriale de l’hebdomadaire mais de dire que nous sommes tous concernés par la liberté d’expression et la liberté de la presse. Le choix d’un magasin casher par l’un des terroristes donne également une dimension plus large au drame qui s’est déroulé avec l’antisémitisme en toile de fond. Face à ce drame il fallait faire montre de détermination et d’unité et taire – un moment – ce qui nous divise. Ce moment de décence n’a pas été respecté par tous. Il y a eu bien sûr, ça et là, des récupérations politiques… Au-delà du FN, il y a tous ceux et celles (comme Valérie Précresse par exemple) qui nous donnent les conseils que nous ne leur avons pas demandés et distribuent bons et mauvais points pendant le recueillement de la nation. Il y a eu sur les réseaux sociaux tous les distributeurs de bémols, ceux qui veulent bien manifester mais pas avec tout le monde, qui auraient souhaité un peu moins d’unité ou un peu moins de national, ceux qui estiment que « l’esprit Charlie » devrait servir de sésame et en excluent les autres (les faux-culs).

La présence des chefs d’État et chefs de gouvernement au défilé parisien illustre la dialectique entre la symbolique et la réalité politique. Le symbole c’est celui de l’expression d’une solidarité internationale face au terrorisme et c’est un symbole fort. Le hiatus qui
n’échappe à personne, c’est que plusieurs de ces VIP foulent aux pieds la liberté de presse (entre autres) dans leur propre pays. Lors d’une journée comme celle du 11 janvier c’est évidemment le symbole qui prime. La politique, au sens noble, reprend ses droits ensuite. Nous ne sommes pas des buses, nous savons bien que les dirigeants qui défilaient aux côtés de Hollande n’étaient pas tous des parangons de la liberté. Mais voilà, pour certains c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils la ramènent le jour même. Edwy Plénel en chef de file…

Dans le flot d’émotions de cette journée, nous n’échappons pas non plus à la concurrence victimaire. Derrière le « nous sommes toutes les victimes » on entends les petites voix qui mettent en avant leur propre catégorie, journaliste, policier, juif ou musulman. Mais heureusement la multiplicité de ces voix donnent un chant choral : nous sommes tous toutes les victimes, pas plus l’une que l’autre. Et fort heureusement, partis et syndicats se sont abstenus de mettre en avant l’engagement de tel ou tel en leur sein. Lors du défilé, la consigne « ni sigle sur les banderoles, ni drapeau » a été plutôt bien respectée (à l’exception des syndicats de journalistes pour des raisons que l’on peut comprendre).

Les complotistes ont été inaudibles mais ils se rattraperont dans les jours qui viennent. Une mention spéciale pour Thierry Meyssan, vendeur de complots en tous genres, qui voit déjà la main de Washington et de Tel Aviv derrière les évènements tragiques.

La journée du 11 janvier est un début. Il y a beaucoup de leçons à tirer des événements. Pas seulement en termes de sécurité et de renseignements, mais en termes politiques du vivre ensemble que nous voulons construire. De la notion indivisible de liberté d’expression aussi. Certaines expressions sur les provocations de Charlie Hebdo, en particulier chez les jeunes, montrent que la pédagogie sur les concepts de liberté et de laïcité est un enjeu majeur, non seulement aujourd’hui à la lumière de l’actualité, mais aussi pour demain et le devenir des générations futures.

Demain est un autre jour.

Publié dans:Politique, Société |on 11 janvier, 2015 |1 Commentaire »

CHARLIE HEBDO

photo-je-suis-charlie
Le chagrin et l’écœurement après le drame de Charlie-Hebdo. La colère aussi.

La liberté de presse est un bien trop précieux pour ne pas la défendre bec et ongles face à tous les obscurantismes.

Oui, je suis Charlie.

Publié dans:Politique, Société |on 9 janvier, 2015 |Pas de commentaires »

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