NON MERCI…

Trierweiler

L’incroyable succès de vente du livre de Valérie Trierweiler, "Merci pour ce moment", laisse perplexe. Pouvait-il y avoir dans ce livre autre chose que les ragots people et la rancœur étalée d’une femme blessée ? La sortie opportune du livre ne permettait pas d’espérer y trouver du recul ou de la hauteur de vue. Après tout, une ancienne journaliste politique pouvait, au-delà de ses déboires sentimentaux, donner sa vision de l’envers du décor, de son rôle dans l’ombre du premier personnage de l’État. Pour en avoir le cœur net, je me suis donc imposé la lecture du brûlot de la dame.

Disons le tout de suite la lecture est fastidieuse tant le propos est répétitif. Hollande est un menteur, elle est amoureuse et malheureuse, elle avale des cachets, on la prend pour ce qu’elle n’est pas, elle est malheureuse, elle avale des cachets etc. Pour rompre la monotonie de cette répétition sans fin, elle la ponctue de flashbacks sur leur rencontre avant la présidentielle et tente toutes les dix pages de trouver une formule ("J’étais raide dingue de lui. Avec le temps, je devenais dingue et raide."), mais on se doute que le but de l’ouvrage n’était pas de devenir un monument de littérature.

Hollande n’a pas le beau rôle, on s’en doute, mais au point où en est sa cote de popularité, un peu plus, un peu moins cela peut nous laisser de marbre. Ce qui retient notre attention c’est son plaidoyer pro domo qui se révèle contre-productif. Elle essaye à travers son récit de changer l’image que l’on donne d’elle dans les médias. La démonstration est tellement pathétique qu’elle achève l’empathie que l’on pouvait avoir pour le personnage. On était prêt à la suivre sur la cruauté des médias, sur le poison des rumeurs qu’elle a eu à subir. Elle ne fait que dévoiler un personnage caractériel qui se défend de l’être, une enflure d’ego qui la pousse à toutes les gamineries pour éliminer ou narguer Ségolène Royal, à se pousser du coude pour jouer les premières dames (sans guillemets dans le texte). A passer son temps à avaler des cachets par poignées, à s’enfermer dans la salle de bains, à tomber dans les pommes et à s’offusquer quand Hollande ne rentre pas dans le jeu (quoi, il n’appelle pas le médecin ou les urgences ?). Autour d’elle tout le monde ment, Hollande bien sûr, les politiques, les journalistes, les officiers de sécurité (les "porteurs de croissants")… On croit qu’elle est une bourgeoise alors qu’elle est une pauvresse de la ZUP d’Angers avec son père qui a une jambe de bois, sa mère qui se saigne aux quatre veines et sa famille que Hollande trouve "pas jojo". Tandis que Gayet cette "actrice" pète dans la soie avec sa famille de bobos qui vivent dans les châteaux. Allez hop ! Elle reprend des cachets, maudit tout le monde, tapisse une pièce avec plein de photos de son ex-mari pour énerver Hollande, jure qu’elle n’est pas hystérique et reprend son récit…

Pour bien nous faire comprendre qu’elle n’est pas froide et hautaine et qu’elle est de gauche, elle nous narre ses bonnes œuvres de "première dame". Incapable de faire dans la retenue, elle nous délivre de longues tartines d’enfants condamnés par la maladie, de fillettes violées, de tessons de verre dans le vagin et autres détails scabreux dont l’énumération est sans doute censée nous tirer des larmes devant les belles actions de cette sainte femme qui n’hésite pas à faire des cartons à genoux dans les couloirs de l’Elysée. La démonstration est outrancière, elle en fait des tonnes, on croirait lire Paris-Match en attendant son tour chez le dentiste.

Elle estime, avec raison, qu’elle n’a jamais été "légitime" en tant que compagne du chef de l’État, que l’opinion l’a toujours vue comme une maîtresse voire une arriviste. Et au moment où elle fréquentait Michèle Obama, Hillary Clinton et d’autres, la voilà trompée et répudiée. Son égo qui n’est pas mince en prend un coup. Alors elle décide qu’après elle ce sera le déluge. Ce qui nous vaut cette prose de midinette pathétique. Espérons qu’elle ne nous gratifiera pas d’un deuxième opus…

Publié dans : Divers, Politique, Société |le 13 septembre, 2014 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 13 septembre 2014 à 21 h 49 min Herminien écrit:

    Jolie volée de bois vert…
    J’ai bien aimé la formule « on croirait lire Paris-Match en attendant son tour chez le dentiste ». :-)

    Répondre

  2. le 1 avril 2015 à 3 h 33 min Jean Patou écrit:

    « J’étais raide dingue de lui. Avec le temps, je devenais dingue et raide. »
    Ah ouais, c’est de ce style ?…………… Comme dit l’autre, quand on n’a pas de talent, il faudrait au moins avoir du goût.

    Répondre

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