BACH DANS L’ASCENSEUR

bach 2

La musique est une alchimie complexe. Le choix d’un tempo, des voix ou des instruments peut en changer radicalement l’écoute. Certaines interprétations nous révèlent des trésors qui nous étaient passés à côté. Il m’arrive donc de posséder de multiples versions d’une même œuvre de Bach (par exemple). Du temps où j’empilais les CD, posséder plusieurs versions avait sa limite, et à supposer que mes rayonnages étaient extensibles, mon porte-monnaie ne l’était pas. La dématérialisation de la musique a ouvert de nouvelles possibilités avec notamment la faculté de n’acheter qu’un seul morceau sans devoir acquérir un album en entier.

Depuis quelques temps je me suis abonné à un célèbre site de musique en streaming (permettant la haute définition). Celui-ci me fait des suggestions fort intéressantes au fur et à mesure qu’il apprend à mon insu mes goûts musicaux, mais c’est un autre sujet… L’un des avantages de ce site, c’est qu’il me permet d’écouter une foultitude de versions de mes morceaux préférés, ce qui me fait rencontrer parfois des surprises, heureuses ou malheureuses.

Pour ce qui est de Bach, je découvre que le malheureux cantor est parfois assaisonné à toutes les sauces. Certains airs sont des « tubes » qui se prêtent à toutes les facéties et dépouillés de toute délicatesse ils deviennent des « musiques d’ascenseur » (Mozart c’est pour les attentes téléphoniques). Prenez la sicilienne en sol mineur de la sonate pour flûte (BWV 1031), si elle a été transposée naturellement pour piano, jouée parfois à l’orgue ou à la harpe, elle est curieusement jouée aux cuivres, joyeusement massacrée avec un ukulélé ou dénaturée avec des synthétiseurs. N’omettons pas la version sifflée (je n’ai pas trouvé le pétomane). On en fait une musique pour spa (si, si !) avec bruit d’eau qui coule, musique de détente baba-cool avec petits oiseaux et vent dans les arbres. Sans oublier la version berceuse avec clochettes pour endormir bébé dont le must est sans doute la version proposée par…  Fisher-Price dont j’ignorais le catalogue discographique.

Evidemment ce traitement de défaveur ne concerne que les morceaux les plus populaires de la musique classique. Ces tubes que l’on finit par détester tellement on nous les a rabâchés à toutes les sauces. Je n’ose plus écouter les Quatre Saisons de Vivaldi car à chaque fois j’ai l’impression que l’on va me servir une pizza dans la minute. Mais ces dérives exotiques ne doivent pas faire oublier l’essentiel : pour le reste, l’écoute comparée à loisir que permet le site de streaming est un véritable trésor.

Publié dans : Musique |le 16 août, 2014 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

MASTIGOUCHE |
Une voyance par telephone |
La Passerelle Gourmande |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Faceaumiroir
| Agence Immobilière en Vallé...
| Change The World Together