Archive pour août, 2014

CÉZEMBRE

Cézembre
L’île de Cézembre vue de Saint-Malo.

Une dépêche AFP nous apprend qu’une opération de déminage et dépollution sur l’île de Cézembre (si elle était menée) pourrait permettre d’y créer un sentier d’accès à certaines parties nord et ouest de l’île actuellement interdites d’accès. Cette dépêche AFP a été reprise telle quelle par plusieurs médias accompagnée de la même photo de la plage de Cézembre obligeamment fournie par l’agence. Sur certains sujets, les journaux ne chargent plus de journalistes pour éclairer leur lectorat, la reprise in extenso des dépêches AFP leur suffit. C’est agaçant, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai un jour, revenons à notre caillou…

Saint-Malo et Marseille partagent le fait d’avoir une extension insulaire. Mais si l’archipel du Frioul en face de la citée phocéenne est toujours marqué par la présence de blockhaus et de débris métalliques allemands de la seconde guerre mondiale, c’est un ensemble touristique ouvert aux promeneurs. Cézembre est dix fois plus petite et semble concentrer sur son relief tourmenté dix fois plus de bâti militaire : la vue aérienne de l’île est significative (voir ici). Mais surtout le déluge de bombes, plusieurs milliers de tonnes, a rendu les opérations de déminage compliquées et le sol reste sans doute encore truffé d’explosifs. Enfin, l’île a reçu une pluie de Napalm qui pollue toujours le site même si la végétation a repris ses droits.

Il ne reste donc que la plage et ses abords qui soient accessibles au public, et bien sûr son unique restaurant. Soit seulement un dixième de l’île libre d’accès.

La création d’un sentier de 3 km permettant d’accéder à certaines parties parties de l’île et profiter du panorama superbe de la baie vers le Cap Fréhel serait donc une divine surprise. Mais quand ? Pour l’instant il n’y a que l’idée qui germe. Vivement que cette initiative se réalise !

Publié dans:Bretagne |on 30 août, 2014 |1 Commentaire »

REMANIEMENT

elysée
L’actualité politique du moment s’est emballée avec le remaniement ministériel, avant (qui va en être ?), pendant (qui c’est celui-là ?) et après (qu’est-ce qu’il a dit ?). Pour ma part, si la politique me passionne, les aléas d’un remaniement me laisse un peu de marbre. Le vrai intérêt viendra avec les premiers pas des nouveaux ministres et la composition de leur cabinet… Néanmoins, quelques remarques en vrac :

De la crise interne : il ne fait guère de doute que les propos de Montebourg ne pouvaient rester sans réaction. On peut même s’étonner que le désormais ex-ministre n’ait pas choisi de claquer la porte de lui-même plutôt que de scier consciencieusement la branche sur laquelle il prospérait jusqu’à la chute. Il y a une absence de rectitude morale dans la fonction publique occupée que l’argument du « je reste pour faire changer de l’intérieur » ne parvient pas à dissiper.

De la méthode : fallait-il remplacer les ministres frondeurs ou en passer par une démission de tout le gouvernement comme cela a été fait ? A dire vrai ce débat institutionnel n’intéresse que des cercles restreints et ne change rien à l’affaire, il y a au final un remaniement et la nomination d’un gouvernement Valls II, l’image dans l’opinion est la même. La méthode choisie a le mérite de la clarté en posant la question de confiance et de solidarité ministérielle à chaque impétrant. Le départ, volontaire, de Frédéric Cuvillier illustre bien l’intérêt de cette démarche de démission globale pour reformer un gouvernement cohérent.

De l’orientation politique : le remaniement imprime un renforcement de la cohérence autour de Manuel Valls. Ce que d’aucuns appellent le « social-libéralisme ». Chacun pourra approuver ou regretter cette orientation en fonction de ses propres inclinations politiques. Mais il serait vain ou hypocrite de s’en étonner : les déclarations présidentielles des derniers mois ne pouvaient pas laisser supposer un changement de cap ou un changement de premier ministre. Le renforcement de la cohérence autour de Valls ne peut pas être une surprise.

De la majorité présidentielle : le resserrement de la cohérence autour de Valls amenuise la base politique de soutien à l’action gouvernementale. Le remaniement amène son concert de pythies lisant la fin de Hollande dans les entrailles de la gauche. Les verts verdissent de rage et les courants du PS aiguisent les seconds couteaux pour leur traditionnelle université d’été à La Rochelle. Rien de nouveau, dans ses congrès et ses universités d’été le PS a l’habitude de se faire seppuku pour préparer l’avenir…

Du loup dans la bergerie : Jean-Pierre Jouyet annonçant la composition du nouveau gouvernement ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire en donnant le nom de son protégé,  Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Économie. Cet énarque passé par la banque Rotschild – horresco referens – est paré de tous les défauts de ses qualités : un agent de la finance infiltré dans les sphères politiques. Celui qui a passé une maîtrise en traitant de Machiavel peut-il être un homme fréquentable pour la gauche ? Le jeune néo-ministre est sous le feu de la rampe, pour un peu on croirait que c’est le nouveau premier ministre. Valls passait au second plan jusqu’à ce qu’une standing ovation du MEDEF vienne alimenter les conversations dans une feinte surprise. Les français qui ne connaissent la social-démocratie en Europe que par ouï-dire pensaient-ils que Valls voulait pendre le dernier patron avec les tripes du dernier curé ?  

Du marqueur sociétal : la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’Éducation a fait hurler les grenouilles de bénitier de la Manif pour tous. Sur les réseaux sociaux des tombereaux d’injures sexistes, racistes et homophobes ont accueilli cette nomination jugée provocante dans un délire de phantasmes variés et exotiques. Comme l’a fait remarquer un chroniqueur cet accès de fièvre est tout bénéfice pour le gouvernement, quand la politique économique est jugée trop proche de celle de droite, le clivage sociétal sert d’amulette pour éloigner les mauvais esprits.

Publié dans:Politique |on 28 août, 2014 |Pas de commentaires »

DINARD & SON HISTOIRE

plaque jean 4

Cette plaque commémorative apposée dans un recoin de la promenade du Clair de Lune à Dinard, rappelle le débarquement le 3 août 1379 du duc Jean IV de retour d’exil. La plaque est peu mise en valeur, elle est difficilement lisible et aucun panonceau n’explique quoi que ce soit aux promeneurs et touristes qui passent devant, la municipalité semblant s’en ficher éperdument.

Ce ne fut pas toujours le cas ; ce bas-relief, œuvre du sculpteur breton Armel Beaufils, a été apposé en 1937 par la municipalité d’alors grâce à une souscription nationale, et quelques années plus tard au jour anniversaire du 3 août 1939, une reconstitution en costumes a célébré le 560ème anniversaire de l’événement historique…

Éclairons donc le lecteur très sommairement sur l’événement en question. Une guerre de succession se déroule en Bretagne à la mort de Jean III, guerre annexe à la guerre de Cent Ans. Deux maisons s’opposent : les Montfort alliés aux anglais et les Penthièvre alliés aux français. On passera sur les différentes péripéties pour amateurs d’histoire. Dans l’affaire, le droit dynastique est moins fort que les intérêts de chacun, la noblesse bretonne veut prospérer et le peuple qu’on le pille le moins possible. Peu soutenu, sauf par les anglais qui se comportent en bourrins, Jean de Monfort s’exile en Angleterre. La voie est libre pour Charles de Blois, mari de Jeanne de Penthièvre et le Roi de France Charles V confisque le duché dans le but de le rattacher à la couronne. Comme les français se comportent encore plus mal que les anglais, la noblesse bretonne, y compris Jeanne de Penthièvre alors duchesse de Bretagne, change d’avis et décide de rappeler le soudain légitime Jean de Montfort. C’est ainsi que le désormais Jean IV débarque à Dinard accompagné de ses soldats anglais pour reprendre possession de « son » duché. Il en reprendra possession assez facilement et la lignée Monfort sera assurée pour longtemps. Ce retour dit « triomphal » a donné lieu à une célèbre chanson du folklore (« An alac’h »)  et à un enjolivement historique imaginant une foule en liesse sur les bords de Rance pour accueillir le retour d’exil. L’écrivain Roger Vercel déclara ainsi « le débarquement de Jean IV à Dinard fut une apothéose ». Le comité d’accueil fut sans doute beaucoup plus restreint qu’on ne le laisse imaginer et le retour de la soldatesque anglaise moins appréciée encore…

Martine Craveia-Schütz élue maire de Dinard depuis cette année aura-t-elle la bonne idée de valoriser l’histoire de sa ville ?

Publié dans:Bretagne |on 23 août, 2014 |Pas de commentaires »

NANTES EN BRETAGNE

francois II
Gisant du Duc François II à la cathédrale de Nantes.

La volonté du Gouvernement de remodeler les frontières régionales pour diminuer le nombre de régions administratives a revigoré le débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Un récent sondage montre une large adhésion des bretons au retour du cinquième département dans le giron "historique".

Il n’est pas certain que la volonté réformatrice de la carte administrative simplifie ce débat. Nantes et son château ducal n’est plus en Bretagne depuis que Vichy en décidé autrement. Dans une de ses chansons, Gilles Servat chante "Nantes sa ville natale ne serait plus en Bretagne, c’est pas ça qu’Anne a voulu…".  Ce n’est pas tant le lieu de naissance qui pose problème, de nombreux souverains sont nés hors de leurs possessions, mais Nantes avec sa cour ducale était bien l’une des deux villes capitales de la Bretagne historique et le découpage de juin 1941 qui soustrait la Loire-Inférieure de l’époque à la région est une hérésie culturelle. Mais du point de vue administratif la logique qui visait à redéfinir les grands centres avait sa logique.

Contrairement à d’autres parties de l’hexagone, il est difficile de dissocier totalement une région historique et une entité administrative. Le désenclavement de la péninsule bretonne reste encore à faire. Le plan des lignes ferroviaires à grande vitesse est programmé pour 2017, ce qui est bien tard, bien trop tard et est révélateur des choix faits dans le cadre des investissements nationaux d’infrastructures. Le sentiment d’être une région délaissée et une identité culturelle forte ont conduit à des initiatives comme la création en 1950, par des personnalités diverses, du CELIB (comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) qui a promu le plan routier breton et donné une impulsion régionale aux activités socio-économiques.

Le débat relancé par le projet gouvernemental soulève des questions diverses relatives à l’histoire (réelle ou supposée), au sentiment d’appartenance à une communauté de destin, aux pesanteurs héritées d’années de fonctionnement politique et administratif. S’il existe déjà des régions "bicéphales", les concurrences des villes capitales sont un frein. Mais quelle logique à avoir une Normandie coupée en deux ? Le sort de la région nantaise est encore incertain. Il y a une chance pour la Bretagne de retrouver son ancienne unité (avec éventuellement ses marches). Ne la laissons pas passer.
 

Publié dans:Bretagne, Politique |on 17 août, 2014 |Pas de commentaires »

BACH DANS L’ASCENSEUR

bach 2

La musique est une alchimie complexe. Le choix d’un tempo, des voix ou des instruments peut en changer radicalement l’écoute. Certaines interprétations nous révèlent des trésors qui nous étaient passés à côté. Il m’arrive donc de posséder de multiples versions d’une même œuvre de Bach (par exemple). Du temps où j’empilais les CD, posséder plusieurs versions avait sa limite, et à supposer que mes rayonnages étaient extensibles, mon porte-monnaie ne l’était pas. La dématérialisation de la musique a ouvert de nouvelles possibilités avec notamment la faculté de n’acheter qu’un seul morceau sans devoir acquérir un album en entier.

Depuis quelques temps je me suis abonné à un célèbre site de musique en streaming (permettant la haute définition). Celui-ci me fait des suggestions fort intéressantes au fur et à mesure qu’il apprend à mon insu mes goûts musicaux, mais c’est un autre sujet… L’un des avantages de ce site, c’est qu’il me permet d’écouter une foultitude de versions de mes morceaux préférés, ce qui me fait rencontrer parfois des surprises, heureuses ou malheureuses.

Pour ce qui est de Bach, je découvre que le malheureux cantor est parfois assaisonné à toutes les sauces. Certains airs sont des « tubes » qui se prêtent à toutes les facéties et dépouillés de toute délicatesse ils deviennent des « musiques d’ascenseur » (Mozart c’est pour les attentes téléphoniques). Prenez la sicilienne en sol mineur de la sonate pour flûte (BWV 1031), si elle a été transposée naturellement pour piano, jouée parfois à l’orgue ou à la harpe, elle est curieusement jouée aux cuivres, joyeusement massacrée avec un ukulélé ou dénaturée avec des synthétiseurs. N’omettons pas la version sifflée (je n’ai pas trouvé le pétomane). On en fait une musique pour spa (si, si !) avec bruit d’eau qui coule, musique de détente baba-cool avec petits oiseaux et vent dans les arbres. Sans oublier la version berceuse avec clochettes pour endormir bébé dont le must est sans doute la version proposée par…  Fisher-Price dont j’ignorais le catalogue discographique.

Evidemment ce traitement de défaveur ne concerne que les morceaux les plus populaires de la musique classique. Ces tubes que l’on finit par détester tellement on nous les a rabâchés à toutes les sauces. Je n’ose plus écouter les Quatre Saisons de Vivaldi car à chaque fois j’ai l’impression que l’on va me servir une pizza dans la minute. Mais ces dérives exotiques ne doivent pas faire oublier l’essentiel : pour le reste, l’écoute comparée à loisir que permet le site de streaming est un véritable trésor.

Publié dans:Musique |on 16 août, 2014 |Pas de commentaires »

LUNE GIBBEUSE

lune


Profitant d’un ciel clair dans la douceur d’un séjour marseillais j’ai pris cette photo d’une lune gibbeuse croissante. L’annonce d’une « super lune », pleine lune coïncidant avec une proximité maximale de la terre, début août me laissait espérer de belle photos de notre satellite. Hélas, un ciel couvert ne m’a laissé guère de répits pour observer cette grosse lune exceptionnellement lumineuse. Un télescope monté à la hâte sur un balcon a suffit néanmoins à quelques minutes de bonheur à observer les cratères où je n’ai vu gambader nul sélénite…

Publié dans:Divers |on 15 août, 2014 |Pas de commentaires »

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