RETOUR À DUVERT

duvert
Portrait de Tony Duvert (site des Editions de Minuit).

En août 2008, la presse mentionnait un fait divers : le corps décédé de l’écrivain Tony Duvert avait été trouvé à son domicile, dans un petit village de Touraine où il vivait reclus. Il était mort depuis plusieurs semaines quand on l’a trouvé. Cette fin misérable d’un oublié est pourtant celle de celui qui avait pourtant été un écrivain célèbre, titulaire du Prix Médicis en 1973 pour « Paysage de fantaisie ». Un écrivain talentueux et scandaleux. Sa verve, son style et son talent polémiste faisaient merveille même si sa défense de la pédophilie, à restituer dans le contexte des années 70, lui conférait une aura sulfureuse. Discret, asocial, misanthrope et fuyant toute exposition médiatique, il finit par disparaître pour de bon après un ultime ouvrage, l’Abécédaire malveillant en 1989 et on entendit plus parler de lui jusqu’à cette macabre découverte de 2008.

Dans ma jeunesse révoltée, les romans et essais de Tony Duvert m’avaient transportés. J’y puisais une énergie, une soif de vivre mon homosexualité sans concession et une estime de soi que d’autres, plus connus (Jean-Louis Bory) ou plus théoriciens (Guy Hocquenghem), ne parvenaient pas à égaler. Et même si sa défense d’une érotique puérile m’était étrangère, sa parole m’était précieuse. Aussi, quand après la découverte de son corps dans la petite maison de Thoré-la-Rochette, Gilles Sebhan publia en 2010 Tony Duvert, l’enfant silencieux, je me jetais sur cette « résurgence biographique » afin d’en connaître un peu plus sur l’écrivain que j’avais adulé autrefois. L’ouvrage avait un goût de « trop peu », un je-ne-sais-quoi à côté de son sujet. Il était sans doute difficile de revenir en arrière et de faire appréhender un personnage qui n’aurait plus droit de cité aujourd’hui. J’ai lu le livre de Sebhan avec intérêt mais je dois avouer l’avoir oublié une fois refermé et rangé sur une étagère.

Mais l’auteur conscient de ses propres autocensures et ayant progressé dans sa recherche de témoignages et de matériau biographique revient aujourd’hui avec un nouvel opus : Retour à Duvert (édition Le Dilettante). Cette fois le sujet prend forme et vie : le mystérieux Tony Duvert s’anime, s’exprime et l’homme secret se dévoile au fur et à mesure de la narration de Sebhan. Des aspects que je connaissais et d’autres que je découvre et qui dressent un portrait d’un homme parfois attachant et touchant, parfois agaçant ou détestable mais toujours « ailleurs » vivant à l’écart d’un monde qui n’est pas le sien. Une fuite des autres et de lui-même qui ne peut qu’aboutir à la fin que l’on connaît, abandonné et oublié.

Si je connaissais le nom de quelques rares personnes ayant côtoyé Duvert (René Schérer entre-autres), je découvre enfin des témoins importants comme son frère et quelques un de ses amis qui lèvent le voile sur le mystère Duvert.

Le hasard de l’existence m’a fait vivre quelques temps à Tours quand Tony Duvert y habitait. Je connaissais son adresse rue Bretonneau (à côté du local du PCF, qui y est toujours), elle m’avait été soufflée par quelques rares privilégiés qui l’avaient approché et que j’enviais. Ceux-ci me racontaient ses colères brusques, ses provocations lors de dîners où la conversation ne l’intéressait plus, le goût du piano ou des chats… Je rêvais moi-aussi de rencontrer Duvert. A l’occasion d’une pétition pour l’abrogation des articles discriminatoires du Code Pénal à l’égard de l’homosexualité que nous faisions signer avant l’élection présidentielle de 1981, j’avais été furtivement rue Bretonneau glisser dans sa boîte aux lettres la pétition accompagnée d’un bref petit mot pour espérer son engagement. Quelques jours plus tard je recevais en retour la pétition signée, sans mot joint il me semble.

Un soir, passé comme à l’habitude dans un bar de place Plumereau, j’allais payer mes consommations au comptoir sans prêter attention au client un peu quelconque qui me cédait la place. Sur le comptoir je regardais machinalement le chèque qu’il avait laissé, je lu alors le nom de Tony Duvert. Je me retournais mais il était trop tard, je l’avais loupé… Sinon, qu’aurais-je bien pu lui dire qui n’ait pas été la maladresse d’une groupie ?

Publié dans : Gay, Livre, Société | le 24 octobre, 2015 |5 Commentaires »

Dardanus

dardanus

Le jeune chef Raphaël Pichon a proposé une nouvelle création de Dardanus avec son ensemble Pygmalion. L’opéra de Rameau dans sa version de 1739 a été mis en scène par Michel Fau. Après avoir été créé à l’Opéra de Bordeaux, le spectacle a été donné à l’Opéra Royal du Château de Versailles les 5 et 6 mai 2015.

L’association Pichon-Fau m’intriguait, tant chacun des deux relevait pour moi d’un univers singulier différent. Michel Fau à la mise en scène d’un opéra du baroque français ? Le genre est délicat à mettre en scène et une vision trop moderniste, une transposition inappropriée peut se révéler un échec cinglant. Une reconstitution en costumes et gestuelle de l’époque est hélas trop rare, soit disant parce que trop élitiste, plus sûrement parce qu’elle est exigeante et onéreuse. On se souvient encore de l’heureux choc de la coruscante mise en scène de Jean-Marie Villégier pour l’Atys de Lully dirigé par William Christie…

Qu’allait faire le facétieux Michel Fau ? Son annonce de ne vouloir faire « ni reconstitution, ni modernisation » était un pari que l’on demandait à voir.

Pour dire vrai, au début de ce Dardanus, je fus un peu perplexe. Des vrais-faux costumes rappelant l’époque, des couleurs vives et tranchées, un décor kitsch… ce parti-pris qui ne détonnerait pas pour Offenbach, allait-il seoir à Rameau ? Et dans l’écrin particulier de l’opéra du Château de Versailles il y a peu d’indulgence pour la gaudriole. Et pourtant, petit à petit, cela fonctionne. Le côté petit théâtre amusant, les jeux de rideaux peints, les nacelles suspendues, l’emploi des "machineries" (la tempête), jusqu’à l’emploi d’une cabine à double-fond pour la transformation instantanée d’un personnage, tout ceci reste dans la voie étroite fixée par Michel Fau lui-même, ni reconstitution, ni modernisation. Et cela fonctionne. Rien de génial, rien de scandaleux. Pour reprendre le mot d’un critique (Laurent Bury) : il n’a pas réinventé Rameau, il l’a ripoliné. C’est agréable sans être mémorable.

De son côté l’ensemble Pygmalion sous la direction de Raphaël Pichon fait merveille et ne laisse aucun ennui s’installer dans les 3H30 de l’œuvre accompagnant une excellente distribution des rôles. En fait le seul bémol pourrait venir de la chorégraphie de Christopher Williams, éloignée du style baroque et bien lisse, qui semble avoir du mal à trouver une voie et se "plaque" sur la scénographie donnant parfois un sentiment peut-être injuste d’à-peu-près.

Au total, un spectacle agréable aux yeux et aux oreilles, sans temps mort ni longueur. Que demander de plus ?

Publié dans : Musique | le 8 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

LE LOBBY GAY EST DE RETOUR

puissant lobby
 

Quand on traîne ses guêtres sur les réseaux sociaux on apprend qu’il existe un « puissant lobby gay » ou sa variante plus universaliste le « puissant lobby LGBT ». Avant il existait des groupes militants, composés d’une poignée de volontaires qui affrontaient l’adversité et tentaient de faire connaître leurs opinions à la face du monde dans l’espoir de faire bouger les lignes. Et leur seule puissance était celle du verbe. Depuis la croisade de la Manif Pour Tous on a vu apparaître la main cachée : le puissant lobby gay qui œuvre dans l’ombre. Pas un lobby au sens exact, mais une sorte de confrérie secrète impalpable qui dicterait ses consignes aux médias qu’il noyauterait de toutes parts, placerait ses hommes et ses femmes aux postes clefs de la République et des principales entreprises, et ferait plier les politiques sous ses efficaces menaces.

On pourrait hausser les épaules devant cette fable. D’autant plus qu’ayant connu de facto le difficile chemin de la minorité sociale à la reconnaissance de droits égaux, l’on sait ce que cette fadaise a d’insultant pour tant de vies brisées par l’ostracisme. Mais cet argument magique n’est pas seulement porté par la mode des conspirations en tous genres où le meyssanisme est le nouveau messianisme ; il est aussi une résurgence de l’esprit réactionnaire d’avant-guerre, où juifs, communistes, francs-maçons étaient dépeints comme une cinquième colonne antinationale agissant dans l’ombre, insaisissable et gangrénant le pays… Ou plus avant encore, l’offensive des bellicistes prussiens contre la « Table de Liebenberg » qui déclencha l’affaire Harden-Eulenburg

L’indigence intellectuelle de ceux qui imaginent un lobby gay invisible et tout-puissant est un symptôme inquiétant dans un monde instable, terrorisé, où les notions mêmes de démocratie, de laïcité, du vivre ensemble semblent moins partagées qu’hier et constamment interrogées dans une confusion des esprits qui fait craindre pour l’avenir.

Par un singulier retournement, le coming-out de personnalités n’est plus seulement un abandon d’hypocrisie ou un simple acte de vérité, cela devient aussi la preuve d’une sorte d’impérialisme homosexuel ; des animateurs TV : c’est bien la preuve que les médias sont aux mains de la camarilla du Marais, le patron d’Apple : c’est bien la preuve que les dollars coulent à flots pour favoriser le mariage gay aux USA, des maires de grandes villes : c’est nécessairement une pluie de subventions indues à des associations impies et « communautaristes », etc.

Somme toute cette fadaise de lobby gay n’est pas drôle. Elle est l’un des signes, parmi d’autres, d’une crise de la représentation politique où ce qui est fait est de moins en moins ressenti comme l’expression de la volonté assumée de représentants ; les volitions apparaissent de plus en plus comme les conséquences d’obscurs jeux de circonstances et de pouvoirs. Dans cette perte de citoyenneté il y a tout à craindre pour l’avenir.

Publié dans : Gay, Politique, Société | le 5 avril, 2015 |4 Commentaires »

DE QUOI MATHIEU GALLET EST-IL LE NOM ?

Radio-France 

La crise sociale très longue que traverse Radio France, porte-t-elle le nom de Mathieu Gallet ? Le jeune patron à belle gueule dont une motion défiance vient de réclamer le départ est-il donc la source de tous les maux ? Son arrogance, sa communication aléatoire et les annonces du Canard Enchaîné sur le coût du réaménagement de son bureau (décidé avent son arrivée) n’ont guère facilité la tâche du PDG. Les infos distillées par le Canard sont d’autant plus exaspérantes pour les salariés que les travaux de réhabilitation de la « maison ronde » ont commencé en 2006 et après des surcoûts exorbitants (malfaçons, incendies, erreurs), il n’est pas prévu qu’ils se terminent avant 2018… Mais ce que ne voient pas les commentateurs du café du commerce c’est que la crise de l’audiovisuel public a commencé bien avant l’arrivée de Mathieu Gallet. 

Rappelons aux oublieux que si son prédécesseur, Jean-Luc Hees a été nommé directement par Sarkozy, Mathieu Gallet a été nommé par le CSA. Auparavant il dirigeait l’INA qui fut la première entreprise de l’audiovisuel public a conclure un accord d’entreprise en substitution des accords précédents tombés suite à la loi Sarkozy… Autant dire qu’il n’arrivait pas par hasard à la tête de Radio-France et qu’il ignorait pas la situation. Seulement voilà, la tutelle, c’est à dire le Ministère de la Culture et de la Communication doit signer un COM avant l’été (contrat d’objectifs et de moyens) avec une économie de 50 milliards d’euros à réaliser. Cette économie se fait principalement au détriment de l’emploi (entre 300 et 400 départs volontaires prévus, voire plus…). Et il y a l’épineux problème des deux orchestres (plus chœur, plus maîtrise) à régler…


Avant de se focaliser sur la personnalité controversée de son PDG, le premier appel à la grève (le 12 mars) était naturellement sur le sous-financement scandaleux de l’audiovisuel public. Mais voilà qu’il y a beaucoup de bonnes fées qui jouent leur partition au chevet du malade : Fleur Pellerin « convoque » par deux fois Mathieu Gallet pour qu’il expose son projet d’entreprise. Mais la ministre ne changera pas le Président : d’abord parce que ce n’est pas dans ses attributions (c’est le CSA qui le peut), ensuite parce que le président « cramé » est bien utile pour conduire les aménagements saignants et finir « carbonisé », on pourra le changer quand il aura fini la basse besogne que personne ne veut assumer. Les présidents des commissions Culture de l’Assemblée Nationale et du Sénat donnent de la voix. Patrick Bloche (PS) pour l’A.N. aime bien jouer au ministre-bis de la Culture et l’occasion lui offre un beau terrain de jeu. Il reçoit l’intersyndicale avec toute la componction requise. Catherine Morin-Dessailly (UDI) pour le Sénat est plus gênée aux entournures : Mathieu Gallet (droite) désigné par le CSA (présidé par Olivier Schrameck, ancien chef de cabinet de Jospin) suite à la réforme de l’audiovisuel de Sarkozy, c’est bien compliqué, aussi renvoie-t-elle chacun dos-à-dos et appelle au dialogue, ça ne mange pas de pain.

Comme on peut s’en douter, l’intersyndicale n’est pas homogène. Le conflit s’éternise et les voies de sortie sont étroites. La CGT espère faire durer la grève et faire la jonction avec la journée d’action du 9 avril et elle souhaite obtenir la tête de Gallet comme trophée de sortie de crise. La CFDT espère des annonces acceptables pour sortir de l’impasse, mais chaque jour les exigence de la base deviennent plus fortes. SUD qui est très impliquée dans les orchestres espère obtenir des garanties sur la non-fusion des deux formations et des garanties sur le nombre d’emploi musiciens, le SNJ entre et sort, tiraillé entre l’affichage d’une solidarité et le faible nombre de journalistes grévistes qui lorgnent inquiets sur la fuite d’audience vers les stations « périphériques »…

Dans le même temps, le CSA s’apprête à auditionner les 33 candidats à la présidence de France Télévisions où la situation sociale n’est pas moins explosive. Le sous-financement de l’audiovisuel public institué par la loi Sarkozy et que le Gouvernement Valls avalise, va rester le problème numéro un. La chute de Mathieu Gallet, si elle advenait, ne changerait rien à l’affaire…

Publié dans : Politique, Syndicalisme | le 5 avril, 2015 |Pas de Commentaires »

MARÉE DU SIÈCLE

port asséché
Le port de Saint-Malo asséché à marée basse.

 

La marée du siècle de mars 2015 a fait l’objet d’une couverture médiatique exceptionnelle, poussant des hordes de touristes sur les rivages. Ces marées ont beau être « du siècle », elles reviennent tous les 18 ans. J’ai voulu, moi aussi, être de la partie et je me suis rendu à Saint-Malo et Dinard pour assister aux caprices des eaux là où j’ai passé mon enfance. Le seul souvenir que j’ai d’une marée du siècle, c’est tout gamin avec mon père dans la baie du Mont Saint-Michel, dans la foule étirée aubord de la route du littoral pour voir l’eau nous lécher les pieds…

Marée du siècle ne signifie pas tempête. Les grandes marées immédiatement précédentes avaient eu leur lot de vagues et la vidéo d’une journaliste de BFM attrapée par une vague au bout du Sillon à Paramé avait fait le tour des réseaux sociaux. Ce sont les images de cette marée qui ont illustré les reportages télés, y compris Thalassa sur France 3 et non celui de la marée haute « du siècle » avec son coefficient de 119 et son marnage de presque 14 mètres, mais une grande tranquillité. C’est que le jour-dit la météo était froide mais avec un vent bien calme. Pas de surcote, point de grandes vagues qui claquent les immeubles du bord de mer. Juste quelques douches glacées ça et là. Au point que certains touristes râlaient contre les médias annonçant un spectacle exceptionnel qu’ils confondaient avec une sorte de petit tsunami.

C’est que le spectacle était ailleurs. Un spectacle qui étonne les gens du cru. Une marée basse exceptionnelle qui se retire au loin et découvre des rochers et des bancs de sables rarement visibles, transformant un paysage quotidien en quelque chose de nouveau. Les bancs de sable découverts devant Dinard et ceux devant Saint-Malo semblaient vouloir se rejoindre. Le marégraphe côté Saint-Servan était totalement à sec sur son socle rocheux. Au loin, le phare du Grand Jardin trônait sur un large massif rocheux. La marée montante était rapide, au point que des bancs de sable dans le port s’amenuisaient à vue d’œil, pas avec l’extraordinaire célérité de la baie du Mont Saint-Michel mais suffisamment pour étonner. Le soir venu, à la nuit tombante, la mer avait repris tout l’espace. Le phare du Grand Jardin n’était plus qu’un trait au milieu des flots, les vagues de la cale de l’embarcadère arrivaient presque jusqu’à hauteur de la route. A Dinard, les vagues de la grand’plage arrivaient à venir jusqu’aux portes du casino protégées par de lourds sacs de sable.

Ce sentiment de force de l’élément marin m’a toujours impressionné. L’exceptionnel marnage de la marée du siècle aurait mérité de prendre des clichés en time-lapse, ce que d’autres ont fait. Mais je n’ai pas le courage de poireauter six heures au même endroit. J’ai préféré filer d’un endroit à un autre, d’une crique à une plage, de Dinard à la Pointe de la Varde, là où il y avait le moins de monde. Au loin, le Grand Bé était couvert de marcheurs comme autant de petites fourmis, rompant le souhait de solitude de Chateaubriand par une exceptionnelle affluence devant sa tombe « anonyme » et isolée face aux flots enfuis.

 

Publié dans : Bretagne | le 29 mars, 2015 |2 Commentaires »

COMING-IN

comingin
 

Un documentaire est en cours de montage pour être diffusé par la chaîne Public Sénat le 17 mai 2015, journée mondiale de lutte contre l’homophobie avant de partir dans différents festivals. Son titre provisoire est « COMING IN », il traite des homos dans le monde du travail des années 50 à nos jours. Pour la 1ère fois, la question du travail sera abordée de l’intérieur à travers le témoignage de 9 personnages, lesbiennes ou gays, racontant leur vie au travail mais aussi leurs luttes militantes de l’après-guerre à nos jours.

Pour permettre de boucler le financement du film, en particulier en achetant des archives INA et pour boucler la post-production, une campagne de financement participatif a été lancée sur le site Ulule.

Les campagnes de crowdfunding sont légion et restent difficiles à mener jusqu’au bout. Votre soutien et vos partages seront donc d’une grande aide :

http://fr.ulule.com/coming-in/

https://www.facebook.com/cominginledoc

Publié dans : Divers, Gay, Société, Syndicalisme | le 16 mars, 2015 |1 Commentaire »

OUVERTURE DE LA PHILHARMONIE

concert Arts Flo
 

La Philharmonie de Paris a donc désormais ouvert ses portes. Je suis allé au concert d’ouverture des Arts Flo le vendredi 17, deux jours après la cérémonie d’inauguration avec le gratin. J’y suis allé en voisin puisque j’habite le quartier et que la présence de cet ensemble dans le nord-est parisien ne peut que me ravir.

Maintenant que les palissades ont été retirées, je peux emprunter la longue rampe d’accès qui mène vers l’entrée de la grande salle. Je peux enfin comprendre les mouchetures que l’on aperçoit de loin : ce sont des oiseaux entremêlés. Quand on a le nez dessus cela signe le bâtiment, de loin cela donne un curieux effet d’ombres pas très heureux. Le bâtiment lui-même est assez laid, j’ai beau essayer de trouver quelque chose de majestueux ou
d’aérien, je n’y arrive pas. Pour autant l’ensemble trouve sa place dans le paysage, sans grâce mais sans choquer.

Une fois sur place, le côté inachevé saute aux yeux. Il manque des plaques ici ou là, une partie a été drapée pour dissimuler les travaux en cours, quelques finitions attendent d’être faites, dans la salle quelques chaises remplacent des fauteuils manquants et mon siège est numéroté
par un simple Post-it, toutes les pastilles n’ayant pas été posées… Ce côté prématuré amuse plutôt le public largement prévenu par les articles de presse des différentes péripéties de la Philharmonie et en particulier par la tribune dans Le Monde de l’architecte Jean Nouvel qui a boudé l’inauguration officielle.

Plan Vigipirate oblige, la foule s’agglutine devant les portiques de détection de métaux. Le personnel est lui-aussi en rodage : je ne fait pas sonner le portique puisque je passe mon manteau rempli de quincaillerie sur le côté, et hop ! me voici à l’intérieur. A l’entracte, l’agent de sécurité aura la présence d’esprit de me faire vider mes poches pour me faire passer avec mon manteau sous le portique…

L’agencement indécryptable depuis l’extérieur apparaît une fois dans le bâtiment : de grands espaces et un accès facile aux différents niveaux de la grande salle asymétrique. Celle-ci est bien agencée, et les rangs de fauteuils sont en pente raide : même si la Reine d’Angleterre était devant moi, je ne serais pas gêné par son chapeau pour voir la scène… L’espace étroit pour circuler dans les rangées est un peu casse-gueule et promet quelques déboires aux retardataires les moins lestes. Les couleurs douces et le sentiment d’espace sont très apaisants. Suspendus au plafond, de longs réflecteurs acoustiques aux formes ondulées ressemblent à des nuages. Contre le mur du fond des tuyaux d’orgue espacés et comme « posés » sur une lamelle semblent être là pour la décoration, pourtant il s’agit bien de l’orgue symphonique (voir ici). Cette salle est une réussite par son agencement et une acoustique exceptionnelle.

Le concert dirigé par William Christie a été un régal. Capté en direct par ARTE, il reste en replay pour un mois sur le site de la chaîne (voir ici). L’excellente visibilité du plateau et sa réelle proximité avec les places de la salle est un atout majeur. Le public est conquis, un peu trop parfois : au-delà du concert il y a visiblement la satisfaction d’être là, de vivre quelque chose de spécial. En fin de concert William Christie parlera de communion. Il n’a pas tort. Un peu de cabotinage aussi. A la fin des rappels, une surprise pour le maestro, Paul Agnew vient diriger une séquence pour l’anniversaire de Christie. Une fin émouvante avec une standing ovation de plus de 2000 personnes. Cela fait déjà un mois que « Bill » a fêté ses 70 ans mais il; fallait bien un symbole pour marquer l’entrée des Arts Flo comme compagnie
résidente à la Philharmonie…

Durant ce week-end, ce sont les portes ouvertes. L’esplanade est remplie de monde. Un signe pour ceux qui pensaient que le public ne viendrait pas jusqu’à cette partie populaire et excentrée de la capitale. Reste maintenant au paquebot de la musique à trouver son rythme de croisière…

Publié dans : Musique | le 18 janvier, 2015 |2 Commentaires »

MARCHE RÉPUBLICAINE

manif charlie
 

Après le carnage terroriste à Charlie-Hebdo et les morts lors de l’attaque de l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes, l’appel à l’unité nationale s’est conclu par la journée historique de manifestations du 11 janvier. Plus d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernements étaient présents à Paris pour la marche républicaine. La dignité des cortèges, la foule immense partout en France, l’absence d’incidents et la retenue témoignent de ce sursaut national face à la barbarie.

Unité nationale ? Tout le monde ne comprend pas ce dont il s’agit et le hastag #JeSuisCharlie est parfois pris pour ce qu’il ne signifie pas. Il ne s’agissait pas d’approuver la ligne éditoriale de l’hebdomadaire mais de dire que nous sommes tous concernés par la liberté d’expression et la liberté de la presse. Le choix d’un magasin casher par l’un des terroristes donne également une dimension plus large au drame qui s’est déroulé avec l’antisémitisme en toile de fond. Face à ce drame il fallait faire montre de détermination et d’unité et taire – un moment – ce qui nous divise. Ce moment de décence n’a pas été respecté par tous. Il y a eu bien sûr, ça et là, des récupérations politiques… Au-delà du FN, il y a tous ceux et celles (comme Valérie Précresse par exemple) qui nous donnent les conseils que nous ne leur avons pas demandés et distribuent bons et mauvais points pendant le recueillement de la nation. Il y a eu sur les réseaux sociaux tous les distributeurs de bémols, ceux qui veulent bien manifester mais pas avec tout le monde, qui auraient souhaité un peu moins d’unité ou un peu moins de national, ceux qui estiment que « l’esprit Charlie » devrait servir de sésame et en excluent les autres (les faux-culs).

La présence des chefs d’État et chefs de gouvernement au défilé parisien illustre la dialectique entre la symbolique et la réalité politique. Le symbole c’est celui de l’expression d’une solidarité internationale face au terrorisme et c’est un symbole fort. Le hiatus qui
n’échappe à personne, c’est que plusieurs de ces VIP foulent aux pieds la liberté de presse (entre autres) dans leur propre pays. Lors d’une journée comme celle du 11 janvier c’est évidemment le symbole qui prime. La politique, au sens noble, reprend ses droits ensuite. Nous ne sommes pas des buses, nous savons bien que les dirigeants qui défilaient aux côtés de Hollande n’étaient pas tous des parangons de la liberté. Mais voilà, pour certains c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils la ramènent le jour même. Edwy Plénel en chef de file…

Dans le flot d’émotions de cette journée, nous n’échappons pas non plus à la concurrence victimaire. Derrière le « nous sommes toutes les victimes » on entends les petites voix qui mettent en avant leur propre catégorie, journaliste, policier, juif ou musulman. Mais heureusement la multiplicité de ces voix donnent un chant choral : nous sommes tous toutes les victimes, pas plus l’une que l’autre. Et fort heureusement, partis et syndicats se sont abstenus de mettre en avant l’engagement de tel ou tel en leur sein. Lors du défilé, la consigne « ni sigle sur les banderoles, ni drapeau » a été plutôt bien respectée (à l’exception des syndicats de journalistes pour des raisons que l’on peut comprendre).

Les complotistes ont été inaudibles mais ils se rattraperont dans les jours qui viennent. Une mention spéciale pour Thierry Meyssan, vendeur de complots en tous genres, qui voit déjà la main de Washington et de Tel Aviv derrière les évènements tragiques.

La journée du 11 janvier est un début. Il y a beaucoup de leçons à tirer des événements. Pas seulement en termes de sécurité et de renseignements, mais en termes politiques du vivre ensemble que nous voulons construire. De la notion indivisible de liberté d’expression aussi. Certaines expressions sur les provocations de Charlie Hebdo, en particulier chez les jeunes, montrent que la pédagogie sur les concepts de liberté et de laïcité est un enjeu majeur, non seulement aujourd’hui à la lumière de l’actualité, mais aussi pour demain et le devenir des générations futures.

Demain est un autre jour.

Publié dans : Politique, Société | le 11 janvier, 2015 |1 Commentaire »

CHARLIE HEBDO

photo-je-suis-charlie
Le chagrin et l’écœurement après le drame de Charlie-Hebdo. La colère aussi.

La liberté de presse est un bien trop précieux pour ne pas la défendre bec et ongles face à tous les obscurantismes.

Oui, je suis Charlie.

Publié dans : Politique, Société | le 9 janvier, 2015 |Pas de Commentaires »

PRIDE

Pride2
 

Le film PRIDE sorti en France en septembre 2014, est rapidement devenu le "film gay" de l’année. Ce film touchant, drôle et émouvant est basé sur l’histoire vraie et peu connue d’un groupe de jeunes homosexuels et lesbiennes se mobilisant pour apporter un soutien financier aux mineurs en grève sous Thatcher. Après des incompréhensions réciproques, les gays ne comprenant pas pourquoi il faudrait soutenir des mineurs réputés homophobes et les mineurs hostiles à ce soutien inhabituel, les deux « clans réprouvés »; apprennent à se connaître et, symbole de cette « jonction », des délégations de mineurs ont ouvert la marche de la Gay Pride londonienne de 1985.

Le film est centré sur le petit groupe emmené par le jeune activiste Mark Ashton et le contexte du climat militant du début des années 80. La conscience politique, le disco, l’apparition du SIDA, la majorité sexuelle à 21 ans pour les homosexuels et l’exclusion sociale forment la trame de fond. Le jeu et le dynamisme communicatif des acteurs nous font entrer facilement dans cette histoire pleine de bons sentiments. Malgré sa trame militante, le film reste une comédie, ce parti pris peut parfois faire douter sur ce qui est tiré du réel et ce qui est une fantaisie scénaristique. Cette qualité du film est aussi son défaut, il donne à voir sans expliquer. Si l’attitude des mineurs du village gallois choisit par le groupe Lesbiennes et Gays en Soutien aux Mineurs, passant de l’hostilité à l’amitié, traverse le film, on ne saura rien du revirement du syndicat national des mineurs passant du rejet au soutien de la cause LGBT. Seuls les caractères principaux sont réellement traités. Le film parvient à égrener au long de sa narration différents aspects comme le « coming out » familial, les agressions homophobes, la découverte de sa séropositivité, l’homosexualité cachée en zone rurale etc. La longue grève historique des mineurs et la reprise du travail « tête haute », mais défaits, aurait mérité sans doute un peu plus de développement pour les jeunes générations qui n’ont vécu les années Thatcher.

Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film « social » qui alterne rires et larmes est une pépite
qui donne à réfléchir en contraste avec notre propre époque. Et pour rappeler que beaucoup de scènes sont authentiques, le générique de fin rappelle quelques éléments historiques et renseigne sur le devenir des personnages réels ayant inspiré le film. En particulier sur le sort tragique du lumineux Mark Ashton décédé quelques jours après avoir appris sa séropositivité, il avait 26 ans…

Publié dans : Gay, Politique, Société, Syndicalisme | le 28 décembre, 2014 |Pas de Commentaires »
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